COTE DIVOIRE DICTATURE : KONE KATINAN CATEGORIQUE: »Depuis le 11 Avril 2011, nous faisons l’objet d’un harcèlement politico-judiciaire sans précédent de la part du gouvernement Ivoirien »

EN EXCLUSIVITE ,KONE KATINAN DENONCE ET EXPLIQUE LA PERSECUTION DONT IL EST VICTIME DE LA PART DU REGIME DICTATORIAL DE OUATTARA DRAMANE EN COTE DIVORE.

Le ministre KONE KATINAN JUSTIN ,Porte Parole du President Laurent Gbagbo

Publie le 20 janvier 2018 a 12h 25

Pour tous ceux qui ont envie de comprendre la persécution dont je suis victime depuis plus de 6 ans, prenez de votre temps pour lire ce document. Il est certes long, mais il est nécessaire pour comprendre un certain nombre de choses.
Bonne lecture.

ADRESSE DE JUSTIN KATINAN KONE

Depuis le 11 Avril 2011, nous faisons l’objet d’un harcèlement politico-judiciaire sans précédent de la part du gouvernement Ivoirien. Chaque jour apporte un épisode de cette interminable série « Justin Katinan Koné » que l’on sert au monde entier avec des périodes de suspense dignes des séries hollywoodiennes ou brésiliennes dont raffolent nos compatriotes. Il a fallu une visite au Président Laurent Gbagbo et un séjour médiatisé en Europe pour que les scénaristes ressortent, avec un génie consommé, d’autres épisodes. Depuis plus de six ans, sans tenir compte des souffrances morales que peut endurer notre famille, l’on s’acharne sur nous en utilisant toutes les méthodes possibles d’agressions morales et physiques : gel de nos avoirs bancaires, et mises sous séquestre de nos rares biens, fruits de 25 ans de travail à la direction générale des impôts, tentatives d’assassinats, tentatives de kidnapping, des procès devant des tribunaux ivoiriens et étrangers, des surveillances policières qui pénètrent même notre intimité, le tout sur un fond de diabolisation, d’accusations et de faux témoignages. La situation est telle que les autorités du Ghana, jusqu’au sommet de l’Etat, qui ne comprennent pas ce harcèlement, nous interrogent régulièrement sur le fondement de celui-ci. Pour elles en effet, cette animosité va au-delà des batailles politiques classiques. Nous leur répondons invariablement que nous-même ne pouvons expliquer cette animosité des autorités ivoiriennes à notre égard. Celles-ci seules pourront un jour rendre publiques les raisons de leur acharnement sur nous. Puisque nous avons du mal à nous convaincre nous-même que cette chasse de Justin Katinan Koné soit liée à notre rôle dans la crise post-électorale de 2011, rôle lié à notre fonction de membre du gouvernement. Cette raison ne peut valablement justifier un tel niveau de haine, puisque les autres membres du gouvernement, ayant eu une autorité plus forte que la nôtre au sein de l’équipe gouvernementale, ne subissent pas autant d’assauts répétés du gouvernement ivoirien.
Pourtant, depuis plus de 6 ans, nous n’avons de cesse de nous investir dans la recherche d’une solution politique et diplomatique à la crise ivoirienne. Tous ces efforts, que nous portons aujourd’hui à la connaissance de toute l’opinion nationale et internationale (II), sont combattues par les autorités ivoiriennes, qui, n’étant pas prêtes pour une vraie réconciliation en Côte d’Ivoire, s’attèlent à nous anéantir d’une façon ou d’une autre, comme le prouvent la liste de tous les actes de violence perpétrés contre notre personne (I).

I. Chronologie d’une longue liste d’actes de violence de l’Etat contre nous et notre famille.

I-1. L’arrestation de notre chauffeur à la frontière de Noé
Deux semaines après notre arrivée au Ghana le 13 avril 2011, nous demandons à notre chauffeur de nous apporter ce qui reste de nos livres après le passage violent des rebelles à notre domicile et le pillage de celui-ci. Nous tenions à nos livres plus que n’importe quel autre bien, surtout que nous avions besoin de certains pour achever la rédaction d’une thèse. Le chauffeur est arrêté à la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Ghana puis conduit à la Dst. Il y est soumis à un interrogatoire serré puis il est relâché. Nos livres sont encore sous séquestre à la Dst.

I-2.Intimidations policières contre ma famille
Depuis juillet 2011, nos enfants sont retournés avec leur maman en Côte d’Ivoire pour poursuivre leurs études scolaires. En décembre 2011, ils viennent passer les vacances avec nous. Le 2 janvier 2012, à leur retour, la police est allée les chercher jusque dans l’enceinte de l’avion, leur tante qui les accompagnait est soumise à un interrogatoire de la part de la police, puis ils sont embarqués dans la voiture du commissaire Lanzéni, commissaire de l’aéroport d’Abidjan au moment des faits, qui dit avoir reçu des instructions de sa hiérarchie pour conduire nos enfants à la maison. Or, dans la réalité, l’on cherchait à savoir où se situe le lieu d’habitation de notre famille. Nous donnons des instructions fermes pour que les enfants soient déposés ailleurs que le lieu où ils habitaient effectivement. Au moment des faits, des trois enfants présents ce jour-là, l’ainée avait 8 ans, le second en avait 5 et la dernière 2. Ces enfants qui se remettaient difficilement du traumatisme de la guerre et dont la seule vue d’un homme en tenue, fut-t-il un vigile, les rendait malades, sont soumis à un tel traitement policier à l’aéroport d’Abidjan, tout simplement parce qu’ils sont nos enfants. Pour tous ceux qui fantasment sur notre prétendue richesse que nous aurions subitement acquise après avoir volé environ 400 milliards de F Cfa (800 millions USD) à la Bceao, nous leur rappelons que, dans l’incapacité d’assurer une scolarité adéquate à l’étranger à nos enfants, notre famille est retournée en Côte d’Ivoire depuis juillet 2011. Notre famille n’est ni en Europe, ni en Amérique. Les enfants sont bien en Côte d’Ivoire où leur mère se débat pour subvenir à leurs besoins. C’est bien ce pays dans lequel se trouve notre famille, en notre absence, que l’on nous prête toutes les intentions de déstabilisation sachant que les autorités ivoiriennes ne feront d’une bouchée toute notre famille, à la moindre escarmouche. Sommes-nous devenus si fou au point de sacrifier nos propres enfants ?
Tous ces deux faits ont eu lieu avant que l’on enregistre les premières attaques contre les positions des Frci en Côte d’Ivoire. Donc, faire croire que la haine que le gouvernement ivoirien nourrit à notre égard serait liée à des entreprises de déstabilisation que nous aurions financées est un gros mensonge.

I-3. Tentative d’arrestation au Cameroun.
Le 22 février 2012, le journaliste franco-camerounais, Charles Onana doit dédicacer son livre « Côte d’Ivoire : le coup d’Etat ». C’est le premier livre écrit par un intellectuel africain et qui révèle au grand public, avec un regard non partisan, les manœuvres déstabilisatrices menées contre le Président Laurent Gbagbo par les différents gouvernements français sous les présidences successives de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy. Nous nous rendons à cet effet, le 20 janvier 2011, à Yaoundé pour représenter le président Laurent Gbagbo. A quelques heures de l’évènement, les autorités camerounaises l’annulent. Approchées, celles-ci nous diront qu’elles ont été saisies à la fois par l’ambassadeur de la France et celui de la Côte d’Ivoire à l’effet d’annuler la cérémonie de dédicace et de procéder à notre arrestation parce que nous faisions l’objet d’un mandat international. Des policiers ivoiriens avaient même été envoyés sur place pour assurer notre escorte jusqu’à Abidjan. Nous sommes obligés de quitter notre hôtel pour nous réfugier dans une brousse à la sortie de Yaoundé et quitter nuitamment Yaoundé pour nous rendre à Douala et, de là, nous échapper vers un autre pays. Le journaliste Armand Irié, alors réfugié au Cameroun, en payera les frais, puisque pris pour nous, il sera détenu quelques jours par la police camerounaise.
Si tant est que c’est parce que nous cherchons à déstabiliser notre pays, que cherche alors l’ambassadeur français dans une affaire ivoiro-ivoirienne ? Mais il ne sera pas le seul ambassadeur français à vouloir notre tête comme on le verra plus tard.

I-4. Tentative d’arrestation à Lomé.
Le 4 juin 2012, nous devons nous rendre à un rendez-vous à Malabo pour répondre à une audience que les autorités équato-guinéennes nous avaient accordée dans le cadre de notre mission de porte-parole du Président Laurent Gbagbo. Nous devons prendre le vol à Lomé. Une erreur au niveau de l’agence qui nous a vendu le billet entraine une confusion quant à l’heure de départ de l’avion. Nous ratons l’avion. Le prochain vol est prévu pour le lendemain nuit. Notre rendez-vous est compromis. Nous décidons de passer la nuit à Lomé. Nous appelons l’hôtel où nous avons l’habitude de loger pour lui demander une réservation. En sortant de l’aéroport de Lomé, nous rencontrons monsieur Soro Seydou dit Soro coton que nous appelons affectueusement grand frère. Lui aussi va à Malabo. Pour les mêmes erreurs sur l’heure du vol, il a raté aussi son avion. La compagnie CEIBA nous conseille de nous rendre au Bénin pour embarquer avec nos mêmes billets la nuit à partir de l’aéroport de Cotonou. Ce que nous faisons. Nous oublions de rappeler l’hôtel pour annuler la réservation que nous avions faite quelques heures avant. La nuit, des hommes en tenue de gendarmerie et d’autres en civils, ces derniers reconnus, du fait de l’accent, par la réception de l’hôtel comme des ivoiriens, se rendent à l’hôtel. Ils sont venus exiger à la réception que le numéro de notre chambre leur soit communiqué. Le réceptionniste se rendra compte que, bien que notre réservation soit encore valable, nous ne sommes pas arrivés à l’hôtel. Les hommes en tenue et en armes quittent l’hôtel. Mais deux hommes en civil restent dans les environs pour attendre certainement notre arrivée. Deux jours, alors que nous étions à Malabo, le ministre Lida Kouassi Moïse est arrêté le 6 juin 2012.

I-5. Annonce de notre arrestation au Cameroun
Le 29 juin 2012, la télévision ivoirienne, dans une présentation télévisée improvisée toute affaire cessante, la chaine principale de la télévision nationale annonce que nous avons été arrêté au Cameroun et que la procédure de notre extradition en Côte d’Ivoire était en cours et que les heures qui suivent nous serions à Abidjan. Des dispositions sont déjà arrêtées à Abidjan pour nous accueillir. Pourtant, depuis la dernière tentative de notre arrestation avortée de février 2012, nous n’avons plus jamais remis pieds dans ce pays que nous aimons tant. Les jours qui suivent, le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire, rentrant d’une mission, annonce que nous sommes effectivement arrêté et qu’il était en discussions avec le Président Paul Biya pour convenir des modalités de mon extradition. Nous sommes ce jour-là au Ghana. Nous refusons de faire un démenti par respect à la fonction de chef d’Etat. En effet, nous imaginons comment il peut être contrariant pour un chef d’Etat de se tromper de la sorte. Nous ne voulons pas en rajouter à ce qu’il pourrait déjà ressentir. Malgré ce signe de respect, le chef de l’Etat ivoirien ne cessera de dire, dans ses cercles les plus proches, qu’il fait de notre arrestation son affaire personnelle.

I-5. Tentative de kidnapping et d’extradition clandestine à l’aéroport d’Accra.
Pour des raisons que nous aborderons plus tard, nous avons une série de rendez-vous à honorer à Prétoria notamment avec le Président Jacob Zuma, le Président Thabo Mbeki, et surtout, avec Madame Zuma, nouvellement élue Présidente de la Commission de l’Union Africaine. Nous nous rendons en Afrique du Sud la nuit du dimanche 19 au lundi 20 août 2012. Le vendredi qui précède notre départ, de nombreuses informations provenant de sources ghanéennes et ivoiriennes font état de ce que les autorités ivoiriennes sont informées de ce déplacement et qu’elles ont décidé de nous arrêter si l’avion passe par un aéroport de ce qu’elles appellent « pays amis ». L’importance de notre mission en Afrique du Sud méritait que certains risques fussent pris. De retour de la mission, le 24 août 2012, nous commettons l’erreur, par ignorance, de prendre le vol SAA qui atterrit d’abord à Accra avant de poursuivre son vol vers Abidjan. A Accra, après les formalités d’immigration, alors que nous attendons dehors notre chauffeur, nous sommes interpellés par la police de l’immigration qui tente de nous faire monter de force dans le même avion que nous venions de quitter et qui devrait continuer à Abidjan. Il a fallu ce jour-là, la vigilance de maitre Bourthoumieux Lucie qui, par sa prompte réaction, a su avertir à temps certaines autorités politiques ghanéennes. La tentative d’enlèvement ayant échoué, l’affaire prend l’allure d’un procès en extradition qui ne connaîtra son dénouement que le 30 août 2013, soit plus d’un an. Nous passons un mois en détention dans une cellule du Bureau national d’investigation (Bni). Pendant notre séjour en détention, la police nous confronte avec un lugubre personnage bien connu du milieu criminel d’Accra, d’origine ghanéenne, homme des sales besognes recruté par monsieur Hamed Bakayoko, alors ministre de l’Intérieur, pour, dit-on, infiltrer le milieu des réfugiés ivoiriens, les appâter par des promesses fermes de les aider à renverser le gouvernement ivoirien. Il est arrêté et emprisonné dans le cadre d’une vidéo qui montre des officiers ivoiriens prononcer un discours de prise de pouvoir. C’est en prison que la police ghanéenne, qui enquête également sur cette affaire, informe de l’existence de cette vidéo. L’illustre personnage profitait de l’homonymie avec une très haute personnalité ghanéenne, par ailleurs ami du Président Laurent Gbagbo, pour soutirer de l’argent aux autorités ivoiriennes sous promesses de leur livrer les pro-Gbagbo exilés au Ghana. Présenté, sans que nous ne sachions, à cet individu, il reconnaîtra devant la police ghanéenne, sur PV ne nous avoir jamais rencontré et que nous n’avions jamais sollicité ses lugubres services même s’il reconnait que nous faisions partie des personnes que le gouvernement ivoirien lui avait demandé d’appâter. Son audition confirme la nôtre, puisque par des astuces dont seuls sont capables les policiers, ils nous ont fait rencontrer cette personne dans le bureau de l’officier chargé de l’enquête afin de voir si notre réaction, à sa vue, aurait révélé quelque accointance avec lui. Nous ne le connaissions pas et les policiers ont dû le relever immédiatement. Ce lugubre personnage est jugé plus tard et est condamné à une lourde peine d’emprisonnement pour usurpation d’identité et escroquerie. Pendant cette période de détention, le gouvernement ghanéen fait l’objet d’une pression énorme conduite au Ghana par l’ambassadeur de France. Du côté d’Abidjan, le régime va jusqu’à fermer, de façon unilatérale, la frontière de la Côte d’Ivoire avec le Ghana.
Après un mois de détention, le 24 septembre 2012, le juge nous accorde une liberté sous caution. La caution fixée à 50 000 GHS (environs 15 millions de F Cfa) n’est pas exigible lorsque des personnes s’en portent garantes. Des Ghanéens, que nous n’avons jamais vus, mobilisés par l’ancien aide de camp de Thomas Sankara, Feu Etienne Zongo, lui aussi en exil depuis l’assassinat du capitaine Thomas Sankara, se portent caution. Nous sommes libérés et nous quittons notre cellule le mercredi 25 septembre 2012 avec instruction de passer tous les 2 jours signer un registre pour signaler notre présence sur le territoire ghanéen. Une seule omission de cette formalité entrainerait de facto la suspension de la liberté sous caution et notre retour en prison.

I-6 Deuxième tentative de kidnapping

Le vendredi 27 septembre 2012, aux environs de 16 heures, alors que nous venions d’accomplir notre première formalité au bureau de l’officier du Bni, un nombre important de policiers en civil nous arrêtent de nouveau. Ces policiers se présentent comme étant de l’Interpol, bureau d’Accra. Curieusement, ils ont une escorte motorisée. Une bataille s’engage avec ces policiers que nous trouvons, par ailleurs, bizarres. Nous avons le temps d’appeler l’officier du Bni que nous venions de quitter à l’instant. Il court et arrive sur les lieux pieds nus. Il interroge les policiers venus nous arrêter sur les raisons de cette autre arrestation alors que nous venons de bénéficier d’une liberté provisoire. Les policiers rétorquent qu’ils ont reçu l’ordre de leurs supérieurs hiérarchiques de nous arrêter et de nous amener. Il leur demande où nous amenaient-ils. La réponse qu’ils donnent lui met la puce à l’oreille. Il décide de venir avec nous là où ils nous amenaient parce qu’il est responsable de notre sécurité. La réaction de cet officier venait de faire échouer une autre tentative d’enlèvement. En effet, ce jour-là, un avion spécialement affrété par le gouvernement ivoirien attendait à l’aéroport d’Accra pour nous conduire à Abidjan. L’escorte motorisée devrait servir à ouvrir le passage jusqu’à l’aéroport. Au bureau d’Interpol où nous sommes conduits, une demi-douzaine de policiers ivoiriens, dont nous connaissons bien l’identité mais dont nous taisons les noms par respect pour leurs familles, tentent par tous les moyens de nous embarquer en invoquant une hypothétique procédure accélérée dite de « police-à-police » qui consisterait à arrêter des personnes pour les remettre à la police d’un autre pays sans passer par la voie judiciaire. Nous nous opposons de toutes nos forces à cette tentative de contournement de la loi. Nous exigeons le respect de nos droits et la présence de notre avocat avant toute audition. De guerre lasse, ils finissent par abandonner leurs prétentions et nous sommes jetés dans le pire des cachots en cohabitation avec les plus grands criminels du Ghana. C’est seulement le lundi 30 septembre 2011 que nous sommes présenté à un autre juge pour une autre procédure en extradition alors que la première était encore pendante. C’est ce jour-là aussi que nous apprenons, qu’une juge ivoirienne, beaucoup plus militante du Rdr que juge, en toute consciente du faux qu’elle faisait, après, nous imaginons avoir prié Dieu le matin et lui demander sa grâce pour la journée, a émis un mandat international contre nous pour l’assassinat de 2 personnes dont un vieux soudeur de 83 ans. Ce jour-là, nous avons eu un dégoût profond pour la justice de notre pays. Nous restons encore en prison pratiquement un autre mois. Las d’attendre les preuves du gouvernement ivoirien établissant notre responsabilité dans ces deux meurtres imaginaires, le juge Ali Baba nous décharge de cette offensante infraction qu’on a créée de toutes pièces pour donner une assise légale à une tentative d’enlèvement. Ces tentatives d’enlèvement finiront par irriter les autorités ghanéennes qui le feront savoir à l’Onu par un rapport produit par l’un des experts de l’Onu chargé du respect de l’embargo au Libéria en 2014.

1-7. Plusieurs heures d’audition par la police ghanéenne actionnée par la présidence ghanéenne pour mes prétendus financements de coups d’Etat.

Le 14 juillet 2015, nous sommes convoqués à la direction générale du Bni. Une fois là-bas, nous sommes soumis à un interrogatoire qui dure deux jours. L’interrogatoire porte sur l’objet de la coordination du Fpi en exil, sur nos accointances supposées avec certains cadres civils et militaires, sur le prétendu financement d’une branche armée au Ghana. On nous interroge sur la vie de tous les cadres pro-Gbagbo les plus actifs au Ghana, notamment le président de la coordination du Fpi en exil, le ministre Emile Guirioulou, les ministres Ahoua Don Mello, Sécré Richard, Damana Pickass, et des officiers militaires en exil au Ghana dont j’ignore l’existence de la plupart d’entre eux. Ce jour-là, nous avons senti la plus grande peine de notre vie quand l’officier, conscient du mal qui nous était fait, nous a montré le dossier ouvert sur nous dans leurs services. Nous découvrons que nous étions épié et espionné, écouté, suivi, jusqu’à la limite de notre intimité depuis janvier 2012. Le dossier était aussi volumineux qu’une encyclopédie. Après avoir fouillé et refouillé, ils n’avaient rien découvert de compromettant. Mieux, ils avaient découvert, au cours de leur longue enquête, que la Bceao avait commandé deux audits, l’un interne et l’autre externe, à l’effet d’évaluer, le cas échéant, le vol qu’elle aurait subi. Les deux audits étaient arrivés à la conclusion qu’aucun vol n’avait été fait à la Bceao. Toute chose qui confirme le résultat de leur filature et surveillance. Nous faisons partie des hommes les plus suivis par les services d’intelligence du Ghana pour essayer de trouver la moindre preuve de ce que le gouvernement de notre pays disait sur notre compte. Nous apprendrons plus tard, par d’autres sources, que le gouvernement ivoirien a transmis une liste de personnes, exilés ivoiriens civils et militaires, à l’Onu qui, à son tour, la transmise au gouvernement ghanéen à des fins d’enquête et rapport à transmettre au bureau du Sg de l’Onu. Cette liste était accompagnée d’une note dans laquelle les personnes au sujet desquelles l’on nous interrogeait étaient présentées par le gouvernement ivoirien comme étant des déstabilisateurs du régime et que je serais leur financier. Quelques semaines plus tard, nous sommes convoqué au Palais présidentiel à Accra. Nous sommes reçu par le Conseiller spécial du président de la République, l’ambassadeur El Hadj B. K. (le pouvoir d’Abidjan pourra bien l’identifier à partir des indications que nous donnons, car il est très proche du chef de l’Etat ivoirien). Nous sommes soumis à un autre interrogatoire mais dans une ambiance plus détendue, voire amicale, en présence de deux de ses collaborateurs, tous des officiers supérieurs de police. Au bout de l’interrogatoire, il nous dit, qu’il pense qu’il y a des personnes dans l’entourage du chef de l’Etat ivoirien qui nous détestent et qui lui transmettent des fausses informations nous concernant. Il complète en disant qu’après trois ans d’enquête sur nous, toutes les autorités ghanéennes, y compris le président de la République, sont convaincues que les accusations d’argent volé qui nous servirait à déstabiliser la Côte d’Ivoire sont fausses. Toujours selon notre interlocuteur, ces informations proviennent de personnes malveillantes qui les colportent au chef de l’Etat ivoirien. Il nous propose sa disponibilité pour servir de médiateur entre le chef de l’Etat et nous afin de lever ces suspicions. Ce jour-là, il tente d’appeler le président ivoirien pour que nous lui parlions au téléphone. Nous lui avons dit que, dans notre culture et pour le respect que nous avons pour la fonction suprême de notre pays, nous ne pouvons pas nous permettre de parler directement au téléphone au chef de l’Etat sans que ce ne soit lui-même qui en prenne l’initiative. Nous ne trouvons pas cela respectueux de notre part.
Par ailleurs, nous lui disons que nous ne voyions pas d’inconvénient à ce qu’il joue le rôle d’intermédiaire, mais pas seulement entre le chef de l’Etat et nous, mais que la question des réfugiés soit posée de façon globale et qu’une solution d’ensemble soit trouvée. Que nous en faisions une question de principe. Au besoin, le chef de l’Etat ghanéen pourrait bien s’impliquer puisque nous savions qu’il se rendrait en Côte d’Ivoire. Notre raisonnement a convaincu notre interlocuteur qui a néanmoins insisté pour que nous parlions au ministre Amon Tanoh. Sur le champ, il appela le ministre Amon Tanoh qui se trouvait ce jour-là à Paris. Nous avons échangé quelques civilités. Nous nous sommes connus quand il était ministre en charge de la construction et nous directeur du cadastre.

I.8. Condamnation à 20 ans de prisons dans un procès dans lequel nous n’avons pas reçu de citation à comparaître
Le 18 janvier 2018, le tribunal condamne le président Laurent Gbagbo, le Premier ministre Aké N’Gbo, le ministre Désiré Dallo et le ministre Justin Katinan Koné à 20 ans de prison. Ils doivent payer à l’Etat de Côte d’Ivoire des dommages et intérêts de 329 milliards de FCFA (700 millions USD).
Alors que le Premier ministre Aké Ngbo et le ministre Désiré Dallo, présents en Côte d’Ivoire, sont reparti libres du tribunal, puisqu’aucun mandat de dépôt n’a été émis contre eux, paradoxalement, le juge émet deux mandats internationaux ; l’un contre le président Laurent Gbagbo, détenu en prison à La Haye, et le second contre le ministre Justin Katinan Koné, en exil au Ghana.
Dans ce procès 3 informations capitales sont à retenir :
-La Bceao, victime présumée du vol, ne s’est pas constituée partie civile. Elle n’a même pas daigné se présenter aux audiences ;
– La quasi-totalité des banques commerciales, elles aussi présentées comme victimes, ne se sont pas constituées parties civiles. Elles non plus ne sont pas venues aux audiences. C’est donc de façon superfétatoire que, pour cacher sa gêne, le juge les a déboutés de leurs prétentions puisque, en définitive, elles n’en ont formulé aucune.
– Seul l’Etat et la Bni se sont constitués parties civiles. Le premier prétend que l’argent utilisé pour effectuer les dépenses de l’Etat, y compris le salaire des magistrats et tout le personnel de justice de Côte d’Ivoire, même celui des gens du golf hôtel, constitue un préjudice pour lui. Je rappelle que les salaires de décembre 2010 à mars 2011 avaient été entièrement payés et que, l’Etat n’a pas eu à payer à nouveau ces mois de salaires aux fonctionnaires et agents de l’Etat. Il en va ainsi des autres charges de l’Etat. Donc, l’on ne peut que s’interroger de l’origine du préjudice que l’Etat prétend avoir subi.
La Bni, quant à elle, qui a correctement fonctionné tout le temps de la crise, prétend que les casses de ses agences pendant la guerre qui a eu lieu à Abidjan est de notre fait. En d’autres termes, le fait que les rebelles aient pillé notre domicile nous est imputable puisque tous ces sinistres ont eu lieu pendant la même période.
– Le président Laurent Gbagbo et nous n’étions même pas représentés à ce procès puisque nous n’avons même pas reçu de citation à comparaître. Or cette exigence est d’ordre public et d’exigence stricte de la procédure pénale. Son inobservation entraîne de facto l’annulation de la procédure.
Deux raisons majeures expliquent les lourdes condamnations et les mandats émis contre le président Laurent Gbagbo et moi :
– Les avocats de l’Etat de Côte d’Ivoire à la CPI lui ont fait savoir qu’ils n’avaient plus d’arguments juridiques pour s’opposer à une libération provisoire du président Laurent Gbagbo. Le mandat international est la parade trouvée pour restreindre ses mouvements et, le cas échéant, son retour en Côte d’Ivoire.
– Le chef veut se venger pour avoir annoncé à tort mon arrestation en 2012. Il faut bien que la justice militante ivoirienne lui en donne l’opportunité.

Malgré la persécution dont nous faisons l’objet de la part des dirigeants de notre pays, nous restons constants et ferme sur certaines positions. Cette constance ne fait pas de nous pour autant un monstre. Depuis notre nomination comme porte-parole du président Laurent Gbagbo, nous n’avons de cesse d’appeler les dirigeants ivoiriens à un vrai dialogue politique avec le président Laurent Gbagbo, le seul capable de construire une réconciliation solide dans l’intérêt de tout le monde. Nous nous sommes donné corps et âme à cette tâche. Mais c’est bien le régime ivoirien qui reste fermé comme on le verra dans la partie qui va suivre.

Plusieurs initiatives de dialogues étouffées par Abidjan.

Deux accusations fausses, l’une étant la conséquence de l’autre, sont portées régulièrement contre nous :
– Nous aurions cassé la Bceao et emporté environ 400 milliards de F Cfa (800 000 millions de dollars américains) ;
– En conséquence de quoi, nous entretiendrions une branche armée au Ghana pour déstabiliser la Côte d’Ivoire.
Nul ne peut comprendre le drame que nous vivons s’il fait abstraction du lien de cause à effet entre les deux accusations, lesquelles accusations étouffent tous les efforts que nous avons entrepris durant ces 6 dernières années pour proposer des solutions à la situation du pays, notamment celle du président Laurent Gbagbo qui conditionne aussi celle des réfugiés.

II.1 Le lien de causalité entre le prétendu casse de la Bceao et les accusations de déstabilisation
La première fois que nous entendons parler de l’affaire du vol que nous aurions commis à la Bceao, c’est un avocat, ami de notre famille, qui a bien voulu venir nous voir au Ghana pour discuter avec nous des questions du dégel de nos avoirs vu les urgences que nous avions par rapport à la scolarité de nos enfants. C’est lui qui nous informe qu’il avait eu une discussion avec le ministre de la justice, l’avocat Ahoussou Kouadio, ce dernier lui aurait dit que nous sommes sorti de la Côte d’Ivoire avec plusieurs dizaines de sacs d’argent issus du casse que nous aurions perpétré à la Bceao. Nous sommes en juillet 2011. Nous en rions et nous lui répondons que ce n’est pas possible que le ministre de la justice dise des contrevérités avec autant de légèreté. Nous n’avons vraiment pas accordé une attention particulière à l’accusation. Quelques mois plus tard, c’est le Secrétaire général par intérim du Rdr, Amadou Soumahoro qui, au cours de l’une de ses sorties dont lui seul en le secret, dit que nous ne serons jamais rien en Côte d’Ivoire et que les actes graves de vols que nous avons posés à la Bceao sont inacceptables. Début d’année 2012, c’est le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko (décidemment, c’est une affaire de Koyaka), au cours d’un entretien télévisé qui affirme, lui aussi, que nous avons volé de l’argent à la Bceao, des centaines de milliards. Venant de ces hautes personnalités, ces déclarations font mouche. Dans une société ivoirienne, formatée dans le moule de la corruption depuis des décennies, plusieurs personnes, même au sein de notre propre famille politique, y croient. Dès lors, notre vie prend une autre tournure. Chacun voulait nous rencontrer pour solutionner ses problèmes existentiels. Nous avons eu droit à toutes sortes de sollicitations allant de quelques dizaines de milliers à des milliards de F Cfa pour divers projets. Incapable de répondre à une seule de ces sollicitations, nous faisons l’objet de toutes les récriminations et de ressentiments dont certains s’expriment sous forme de faux témoignages contre nous. Nous avons même failli faire l’objet d’enlèvement par certains de nos compatriotes qui étaient convaincus que nous avions l’argent du président Laurent Gbagbo et que nous refusions de leur venir en aide ou d’accompagner leurs diverses entreprises. C’est l’une de nos connaissances, ayant participé à ce projet, qui attire notre attention sur cette menace. Leur raisonnement est simple. Si le président Laurent Gbagbo nous a choisi pour être son Porte-parole alors que nous n’occupions pas les premières fonctions, ni au sein de l’appareil de l’Etat, ni dans celui du parti, c’est bien parce que nous gardons un grand secret du président Laurent Gbagbo. Il se dira même que nous avons été arrêté à l’aéroport d’Accra parce que nous venions de cacher l’argent du président Laurent Gbagbo en Afrique du Sud.
De façon évidente, cette accusation mensongère nous a causé énormément de préjudice. C’est elle qui continue de nourrir toute la légende du voleur richissime qui veut déstabiliser son pays.
Pourtant, quelques mois seulement après notre sortie du pays, la Bceao, suite à des audits commandés, savait qu’elle n’avait jamais été volée, du moins, pas par nous. Pourquoi alors l’on se tait et laisse se poursuivre cette diabolisation. La preuve : au cours d’un séminaire organisé par ses services début 2016, le ministre en charge du budget a dit que la dette de la Bceao sur l’Etat suite au vol qu’elle a subi est de 50 milliards de F Cfa. En le disant, le ministre fait allusion de façon claire aux casses de 2003 opérées à Man et à Bouaké. Nous avons entendu dire que dans le procès que l’Etat a quand même tenu à ouvrir contre le Président Laurent Gbagbo, le Premier ministre Aké N’Gbo, le ministre Désiré Dallo et nous, la Bceao ne s’est pas constituée partie civile. Comment une banque centrale, que l’on dit avoir été volée, ne se constitue pas partie civile au procès de ses supposés voleurs ? Dans la réalité, il n’y a jamais eu de vol, ni à la Bceao, ni dans aucune autre banque pendant notre administration.
Or, c’est sur cette accusation totalement fausse que s’est bâtie notre réputation de déstabilisateur universel. C’est elle qui nourrit de nombreux ressentiments contre notre personne. En effet, il est difficile de soutenir que nous entretenons une armée sans en donner la source de financement. Leur histoire ne tiendrait pas. Par leur propre expérience, ils savent au moins ce que coûte l’entretien d’une armée. Notre salaire de 25 ans réuni ne peut supporter une telle charge financière. S’étant enfermés dans une bulle de mensonges d’où ils ne peuvent sortir, ils s’effraient eux-mêmes, en bloquant ou en sabotant toutes les initiatives que nous n’avons cessé de prendre pour ouvrir un vrai débat nécessaire à la réconciliation nationale.

II.2. De nombreuses initiatives de dialogues contrecarrées par le mensonge
Le 26 mai 2011, le président Laurent Gbagbo nous nomme comme son Porte-Parole. Le mandat signé de lui nous parvient par le soin de ses avocats le 7 juin 2011. Nous demandons que le mandat manuscrit du président soit authentifié pour lui donner une plus grande force probante. Ce qui sera fait une dizaine de jours plus tard. Nous élaborons alors une stratégie de travail autour de l’idée maitresse que le président Laurent Gbagbo doit être maintenu présent dans le débat politique en Côte d’Ivoire et son cas doit être maintenu omniprésent, tout au moins, au niveau des instances africaines. Pour cela, il faut bien que nous menions des batailles au sein même de notre parti et rester présent au niveau international. Par nature, la diplomatie ne s’occupe jamais des cendres froides. Il faut continuer de marquer la présence du président Laurent Gbagbo au niveau diplomatique si l’on veut éviter qu’il passe dans l’ombre de l’antichambre des urgences diplomatiques. Après 8 ans de crise, il est tentant pour la communauté politique diplomatique et politique africaine de se contenter du minimum même si l’injustice perdure pourvu que la situation à l’intérieur donne l’illusion d’une paix retrouvée. Il nous appartient, nous les victimes, de porter nos souffrances vers cette communauté. Des initiatives doivent être prises à ce niveau.

a. L’initiative de Malabo
Première décision, Nous devons être présents au sommet de chefs d’Etat et de gouvernements de l’UA qui se tient à Malabo en début juillet 2011. Il en sera ainsi à chaque sommet de l’UA. Le chef de l’Etat de la Guinée Equatoriale est le Président en exercice de l’UA. Nous nous rendons à Malabo et obtenons une audience avec le président Obiang Nguema. Nous plaidons pour que la question de la réconciliation en Côte d’Ivoire soit inscrite à l’ordre du jour de ce sommet. Il nous dit que l’ordre du jour du sommet étant déjà arrêté, il ne peut le modifier. Mais il verra dans quelle mesure aborder cette question, notamment la situation du président Laurent Gbagbo dans les rencontres parallèles qui ne manquent jamais dans ces genres de rencontres.
Nous expliquons au président Obiang qu’il y a au minimum 500 000 réfugiés ivoiriens et peut-être le double en ce qui concerne les personnes déplacées à l’intérieur du pays. Qu’il y avait plusieurs centaines de prisonniers et que, situation préoccupante, il y avait plusieurs milliers de militaires de tous les corps de l’armée y compris de nombreux officiers supérieurs.
Il nous demande de lui produire un rapport avec des propositions pour notre participation à la réconciliation nationale, à laquelle réconciliation il nous encourage vivement à nous y inscrire. Il souhaitait que ce document tienne compte de toutes les catégories des réfugiés.
Pour l’élaboration d’un tel document, il fallait consulter tout le monde. Au niveau politique et civil, la question était pratiquement facile à régler puisque nous étions organisés en coordination dirigée par le docteur Assoa Adou, même si les réfugiés non Fpi ne se sentaient pas pris en compte. Au niveau des jeunes, le Président de la Jfpi en exercice était en exil. Donc il pouvait parler au nom des jeunes. Il restait le cas plus compliqué des Fds et des réfugiés non Fpi. IL fallait les organiser pour avoir un seul et unique interlocuteur. D’où l’idée de la création d’une plate-forme pour les militaires et des rencontres personnalisées avec les leaders politiques autres que Fpi. L’idée était en réflexion quand, le président Thabo Mbéki nous accorde une audience à Accra.
b. L’appel à la médiation du président Thabo Mbeki.
Le 1er novembre 2011, le président Thabo Mbeki, en visite au Ghana, nous accorde l’audience que nous avons sollicitée de lui. Nous lui exposons la situation de la Côte d’Ivoire et appelons à sa médiation entre le gouvernement ivoirien et nous. Les premières rumeurs du transfèrement du président Laurent Gbagbo et de cinq autres personnes n’annoncent pas des lendemains meilleurs pour la réconciliation en Côte d’Ivoire. Le président Mbeki nous relève que le chef de l’Etat ivoirien lui avait dit, quelques jours auparavant, qu’il pouvait à tout moment se rendre en Côte d’Ivoire pour le rencontrer. Il entendait profiter de cette ouverture qui lui est faite par le président ivoirien pour tenter une médiation. Il nous a encore demandé de lui produire un document de synthèses de tous nos points sur lesquels nous entendons discuter avec le gouvernement ivoirien. Pour faire le document de synthèse, il nous fallait encore associer toutes les composantes de la population des réfugiés y compris mes militaires, d’où la mise en place de la plate-forme des militaires.
La plate-forme, qui concentre sur elle toutes les légendes, est mise sur pied courant du mois novembre 2011 afin de répondre aux recommandations de rédiger un document de synthèse qui contiendrait les avis de tous les réfugiés afin qu’il serve de document de travail pour tous ceux qui voudraient nous aider à faire ouvrir le débat politique et la réconciliation en Côte d’Ivoire. Son existence n’est pas cachée. Elle est publique et connue y compris des autorités ghanéennes. Des missions de réflexions sont également confiées à d’autres personnalités civiles qui ne participaient aux réunions de la coordination afin qu’elles aussi puissent s’exprimer sur l’objet de la réconciliation, les conditions de leur retour et de leur insertion dans leurs différents corps de métiers. Jamais cette plate-forme n’a servi de laboratoire de plans militaires pour déstabiliser qui que ce soit. Les autorités ghanéennes étaient très préoccupées par la présence de nombreux militaires ivoiriens sur leur sol à quelques encablures de l’élection de 2012 qui s’annonçait très difficile. Pour cela, lesdites autorités n’auraient pas toléré une organisation de militaire ayant des visées de déstabilisation de la Côte d’Ivoire.
Tout comme les militaires, tous les anciens ministres du gouvernement Aké Ngbo, présents à Accra et au Bénin, se réunissaient également pour les mêmes raisons. Et cela aussi était public et connu de tous.

c. L’initiative béninoise
Vers le milieu de novembre 2011, toutes les chancelleries bruitent de ce que le président Laurent Gbagbo sera transféré à la Cpi malgré le risque d’une telle entreprise pour la réconciliation. Nous cherchons toutes les voix qui peuvent conseiller utilement le chef de l’Etat ivoirien. Nous essayons même la piste du président Blaise Compaoré. Nous contactons à cet effet Monsieur Badini, qui était le Représentant spécial de Blaise Compaoré en tant que facilitateur des accords de Ouagadougou. M. Badini ne nous fera le retour de notre sollicitation qu’après la déportation du président Laurent Gbagbo. Il nous fait savoir que le président Blaise Compaoré lui a donné son accord pour nous rencontrer. Nous lui avons répondu que c’était trop tard. Lorsque la réponse du président Compaoré se faisait attendre, nous portons notre choix sur le roi du Maroc. Nous nous rendons à Rabat pour tenter d’obtenir une audience avec le roi Mohamed VI. Notre attente est longue malgré les promesses qui nous sont faites. C’est là-bas que nous apprenons que le Pape Benoît XVI effectue une visite officielle de 3 jours au Bénin à compter du vendredi 18 novembre. L’occasion est belle et nous entendons tirer le meilleur parti possible. Nous abrégeons notre séjour marocain pour être présent au Bénin. L’objectif est d’obtenir, par tous les moyens, une audience avec le Pape. Le thème de la visite du Pape porte sur la réconciliation. Il répond bien à nos préoccupations du moment. Au Bénin, nous nous confions à deux des anciens présidents encore en vie pour solliciter leur appui afin de faciliter une rencontre avec le président Yayi Boni. Les présidents Emile Derlin Zinsou, et Mathieu Kérékou comprennent très vite le danger de la déportation du Président Laurent Gbagbo. Ils informent chacun de son côté le président Yayi Boni de notre présence et de notre sollicitation. Après quelques heures, le président Yayi Boni nous fait savoir qu’il a pu informer le Pape, mais compte tenu du calendrier déjà bouclé depuis Rome, ce dernier ne peut nous recevoir directement. Mais il donnerait des instructions à des membres de sa délégation afin qu’ils nous reçoivent et entendent nos doléances. Dans la soirée du samedi 19 novembre, un cardinal et une Sœur, certainement mère supérieure de l’une des congrégations qui accompagnent le Pape, nous reçoivent. Ils prennent notes. A la fin, ils nous invitent à rencontrer une délégation de l’épiscopat ivoirien présent au Bénin dans le cadre de la visite papale. La rencontre a lieu effectivement dans la foulée avec l’épiscopat ivoirien. Étaient présents à cette rencontre : nos seigneurs Alexis Touably Youlo, évêque du diocèse d’Agboville également président de la Conférence épiscopale de Côte d’Ivoire. Jean-Pierre Kutwa, archevêque d’Abidjan, et Paul Dacoury-Tabley, le ministre Issa Malick Coulibaly, Soro Seydou et maitre Lucie Bourthoumieux. Nous les informons de la volonté du gouvernement ivoirien d’envoyer le président Laurent Gbagbo à la Cpi ; que cette entreprise compromettrait définitivement la réconciliation nationale et nous leur demandons d’intervenir auprès du chef de l’Etat ivoirien pour le convaincre de renoncer à cette entreprise. Les évêques nous ont rassurés qu’il porterait notre message à l’ensemble de la conférence épiscopale afin qu’une démarche collégiale, si possible ouverte à l’ensemble des autres confessions religieuses, soient entreprises en direction du président Ouattara.
Le dimanche, après la messe, c’est au tour d’une délégation de la conférence épiscopale de l’Afrique de l’Ouest (Cerao) conduite par son président, le Cardinal sénégalais Théodore-Adrien Sarr, qui nous reçoit pour les mêmes raisons. Touché par notre démarche et surtout compte tenu de la gravité et de l’urgence, le Cardinal envisage même de faire un détour si possible par Abidjan pour en discuter personnellement avec le chef de l’Etat ivoirien. Mais toutes nos tentatives de lui trouver le numéro de téléphone de l’entourage du président ivoirien sont restées vaines. Mais il a promis en discuter avec la délégation de la conférence épiscopale ivoirienne présente au Bénin.
Le lundi 21 novembre, nous recevons un appel de la présidence de la République du Bénin, nous informant que le président Yayi Boni a sollicité de madame Henriette Dagri Diabaté, Grande chancelière de l’Ordre national, représentant le chef de l’Etat ivoirien à la visite du Pape de nous recevoir. La rencontre a lieu le même jour à partir de 13 heures, dans locaux de la Primature, sous la conduite du Premier ministre béninois d’alors, monsieur Pascal Koupaki qui, pour cette occasion, ne participe pas au conseil des ministres de ce jour. Cela relève l’importance qu’accorde le président Yayi Boni à cette rencontre. C’est d’ailleurs la première entre des envoyés du président Laurent Gbagbo et ceux de l’Etat de Côte d’Ivoire. Etaient présents à cette rencontre, pour le compte de l’Etat, la Grande chancelière Henriette Dagri Diabaté, l’Ambassadeur Ehui Bernard, dont la compétence territoriale, en ce temps, se limitait au Ghana et au Togo. Le Benin était attaché à l’ambassade de la Côte d’Ivoire au Nigéria. Du côté du président Laurent Gbagbo, il y avait moi et maitre Lucie Bourthoumieux. La rencontre est conduite par le Premier ministre Koupaki. Chaque camp formulant ses récriminations contre l’autre, nous avons pu trouver, au bout du compte, un minimum de consensus. La Grande chancelière nous dit qu’elle n’était pas informée de la volonté du gouvernement ivoirien d’envoyer le président Laurent Gbagbo à la Cpi, et que, connaissant la volonté de réconciliation du président Ouattara, elle ne croyait pas qu’il ferait cela. Mieux, alors que nous l’accompagnons jusqu’à sa voiture, en nous embrassant, elle nous dit « transmets mes salutations à Laurent et dis-lui que tout ira bien ». De notre côté, nous nous sommes engagés à produire un document dans lequel seraient consignés nos propositions pour la réconciliation et le retour des réfugiés. Il nous a été aussi demandé de revoir à la baisse le ton de nos déclarations. Nous sommes lundi 21 novembre 2011. De Cotonou, nous dépêchons maitre Bourthoumieux à Korhogo pour rendre compte de nos initiatives, notamment de la rencontre avec la délégation de l’Etat ivoirien. Le président se félicite de cette initiative et nous encourage à continuer le dialogue entamé tout en restant très vigilant sur les questions qui sont d’une importance capitale pour lui et qui font l’essence de sa position sur la crise ivoirienne ; notamment dans sa phase post-électorale. Le 29 novembre 2011, le président Laurent Gbagbo est déporté à la Cpi suite à un mandat émis le 23 novembre 2011, soit 2 jours seulement après notre rencontre de Cotonou que nous croyions pourtant prometteuse.
Cette façon de faire la politique, qui consiste à humilier ses adversaires, est dégoûtante pour nous. La déportation du président Laurent Gbagbo constitue pour nous un grand choc. Nous en sommes profondément déçu. Tous nos efforts se sont avérés vains. Les jours qui suivent, l’Ambassadeur Ehui Bernard nous joint au téléphone et demande à nous rencontrer, il dit avoir un message du chef de l’Etat ivoirien pour nous. Nous déclinons son offre parce que, pour nous, toute rencontre avec lui était devenue sans objet, surtout quelques jours seulement après la déportation du président Laurent Gbagbo. C’est la même réponse que nous avons donnée à la demande de M. Badini de nous rencontrer. C’est à partir de ce moment que notre traque a commencé.
Néanmoins l’idée de continuer à produire un document unique pour exposer nos propositions de dialogue politique continue son cours. Les travaux sont menés à plusieurs niveaux. Au niveau militaire, tous ceux qui ont eu à travailler avec les militaires en Côte d’Ivoire sont appelés à produire des réflexions et à encadrer si besoin les militaires en exil pour prendre en compte leurs attente dans le document de synthèse finale.
Un premier document est sorti. Il est intitulé « situation politique en Côte d’Ivoire ». Il est traduit en Anglais et déposé dans toutes les chancelleries au Ghana ainsi que dans les pays que nous visitons.
Nous relançons les initiatives diplomatiques après le changement intervenu à la tête de la commission de l’UA.

d. L’initiative de Prétoria
En juin 2012, la Sud-Africaine, encore ministre de l’Intérieur d’Afrique du Sud, madame Nkosazana Dlamini Zuma, est élue présidente de la commission de l’Union africaine. Elle remplace le Gabonais Jean-Ping. Sa prise de fonction est prévue pour septembre. Avant celle-ci, nous nous battons pour lui présenter le dossier ivoirien notamment la situation inacceptable du président Laurent Gbagbo. Le président Mbéki obtient un rendez-vous pour nous. Le rendez-vous est fixé au lundi 20 août 2012. Plusieurs autres rendez-vous sont programmés y compris avec le président Jacob Zuma. Mais les informations qui nous proviennent du cœur même du pouvoir à Abidjan sont dangereuses pour nous. Le pouvoir veut, au mieux, nous faire arrêter, au pire, nous liquider. Mais, renoncer à ce voyage aurait été le plus mauvais des choix. Nous nous rendons en Afrique du Sud dans la nuit du 19 au 20 août 2012. Une première rencontre a lieu avec le président Thabo Mbeki, à qui nous rendons compte de la situation globale du pays et surtout le sort réservé aux pro-Gbagbo après notre rencontre d’Accra. Dans la soirée, nous rencontrons Madame Zuma. Etaient présents à ces rencontres, nous-même, l’ambassadeur Abié Zogoé, Mme Goumbi, Conseillère spéciale du Président Thabo Mbéki et maitre Lucie Bourthoumieux. A la suite de nos échanges, Madame Zuma a souhaité avoir, le plus rapidement possible, un document de synthèse qui va lui servir de document de travail sur le dossier ivoirien.
Le lendemain, le président Jacob Zuma, pris avec l’affaire de la mine de Marikana suite aux tirs de la police sur les mineurs en grève, nous a fait recevoir par une Conseillère spéciale, madame Lindiwe Zulu, actuellement ministre du petit commerce. Elle aussi nous demande elle aussi une note de synthèse.
Malheureusement, c’est au retour de cette mission, que nous avons été arrêté à l’aéroport d’Accra dans les conditions décrites ci-haut. Nous rentrons au Ghana pour parachever le travail de synthèse des différentes personnes que nous avions contactées. Il faut dire que ce travail a été perturbé parce que des personnes à qui avons confié une partie de ce travail avaient été extradées vers la Côte d’Ivoire : tel fut le cas du ministre Lida Kouassi Moïse.
De nombreuses autres initiatives ont été prises, soit par nous en tant que porte-parole, soit par la coordination du Fpi en exil pour amener le gouvernement ivoirien à la réconciliation sincère ; hélas en vain. Nous citons pêle-mêle, au titre de la coordination : les initiatives du président F. Atta Mills, du Président Macky Sall du Sénégal, de Thabo Mbeki sollicité par Ouattara lui-même en 2015. Toutes ces initiatives ont été soit tuées dans l’œuf, soit tout simplement ignorées par le gouvernement ivoirien.
Au contraire, c’est une campagne de diabolisation qui est menée contre nous directement par les tenants du pouvoir ou par des mercenaires recrutés et payés à cette fin. Au Ghana, environ 5 millions de dollars américains ont été distribués dans les circuits de la corruption pour traquer les pro-Gbagbo en exil. La source qui nous communique ces chiffres est trop sérieuse pour que nous en doutions.
Toutes les formes de fantasmes se construisent autour de la plate-forme des militaires mise en place juste pour recueillir les avis et les contributions à la rédaction du document de synthèse qui devrait contenir les contributions de toutes couches socio-professionnelles en exil. Très vite, elle est présentée par le gouvernement ivoirien comme une branche armée. Des personnes sont payées pour venir l’infiltrer et rapporter les sortes de fadaises.
En définitive l’on se rend compte que les accusations mensongères portées contre nous se fondent, d’une part, sur le fait que nous aurions cassé la Bceao et emporté environ 400 milliards de FCA qui nous serviraient à financer la déstabilisation de la Côte d’Ivoire, et, d’autre part, sur le fait que, conséquence immédiate du premier, que nous aurions mis en place une brache armée au Ghana alors que nous n’avons cherché qu’à faire participer les militaires à une réflexion sur la réconciliation en Côte d’Ivoire, réflexion demandée par tous les canaux diplomatiques que nous avons sollicités pour nous aider à faire avancer la cause de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Comment peut-on imaginer la mise à l’écart des militaires qui se sont battus, avec honneur pour le pays, à la confection d’un schéma de réconciliation alors que nous cherchions à y associer tout le monde ? La Bceao dit qu’elle n’a pas été volée par nous. Donc nous n’avons eu d’argent pour entretenir une branche militaire au Ghana. En 2012, la Côte d’Ivoire devrait certainement faire partie des pays dont le nombre d’hommes en armes au km2 était le plus fort au monde. Avec les Frci, l’Onuci, la Force Licorne, les dozos, et tous ceux, proches du pouvoir qui disposaient de poudrières à leur domicile, il faut être soit doté d’un pouvoir messianique, soit être Kamikaze pour entreprendre de déstabiliser le régime chéri de la communauté internationale qui le garde comme la prunelle de ses yeux. Nous ne sommes ni le messie, ni un Kamikaze. Nous ne demandons qu’à vivre en paix avec notre famille dans un pays réconcilié. Nous ne nous lasserons jamais de combattre à cette fin. Parce que nous ne marchandons, ni nos principes, ni nos convictions. Nous les défendons jusqu’au bout. Et si l’on nous demande d’où nous tirons la force de continuer, nous répondons : nous recitons chaque matin un « Pater Noster » et chantons dix « Ave Maria ». En plus, ces prières nous aident à pardonner. Parce que ce régime, ayant déjà détruit le présent dans le pays, s’attèle à compromettre définitivement l’avenir. Si nous n’acceptons pas de pardonner, alors on aura du mal à nous parler demain. Or, il faut bien qu’un jour nous apprenions à nous parler. Sinon, ce régime aura gagné sur toute la ligne. L’antidote de la haine, c’est le pardon et celui qui pardonne a toujours domination sur celui qui hait.

Justin Katinan Koné
Ancien ministre
Porte-parole du président Laurent Gbagbo.

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 Source : Afrikanewsmultimedia.com
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#CIV/DEVOIR DE MÉMOIRE: REVIVEZ L’HISTOIRE DOULOUREUSE DE NOTRE PAYS GBAGBO RACONTE SON 11 AVRIL 2011.

 

Gbagbo raconte comment une bombe a atterri dans sa chambre et détruit sa bibliothèque

«Ce sont les soldats français qui ont tout fait. Ils ont bombardé du 31 mars au 11 avril 2011. Il y a eu des bombardements sporadiques avec largage des bombes. Le ministre français de la Défense, Alain Juppé, avait manifesté le désir de parler avec moi. Mon conseiller Désiré Tagro était venu me dire que cette demande venait de monsieur Charles Millon, l’ancien ministre de la Défense du gouvernement Juppé en 1995. En fait, monsieur Millon avait été à l’université de Lyon avec moi. Tagro m’avait fait part de cette demande le 10 avril 2011 à mon réveil matinal. J’étais sur le point d’aller prendre ma douche lorsque Tagro m’a informé du souhait de monsieur Juppé. Quand j’ai fini de prendre ma douche, j’ai retrouvé Tagro qui m’attendait le téléphone à l’oreille. Il était encore en communication avec monsieur Millon. Soudain, une bombe explose sur le toit de ma chambre. Million demande alors à Tagro ce qui se passe. Tagro lui répond qu’on est en train de vouloir tuer le président. Ceux qui ont largué cette bombe ont tout détruit dans la pièce. J’avais une collection de livres d’auteurs romains et grecs traduits en français que je conservais jalousement depuis quarante ans, tous ont brûlé. Ma bibliothèque constituée depuis l’époque où j’étais étudiant est partie en fumée en quelques minutes seulement.»

Gbagbo explique pourquoi il a demandé à l’armée ivoirienne de ne plus se battre

« Le 10 avril 2011, notre informateur au ministère de la Défense à Paris nous a dit que ce jour-là, c’était 6+3. C’est-à-dire 6 hélicoptères plus 3 autres. Il faut savoir qu’auparavant, c’était uniquement trois hélicoptères qui nous bombardaient. Les snipers étaient également postés sur le toit de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Qui est mitoyen à ma résidence. Leur rôle essentiel était de tirer sur les jeunes Ivoiriens qui manifestaient ou s’aventuraient à sortir à proximité de ma résidence. Ainsi, lorsqu’on m’apprend que les chars français sont à Cocody, le commandant des Forces spéciales, l’officier de frégate Boniface Konan, me fait parvenir un message disant qu’il ne peut plus combattre, car les soldats sont dispersés. Le message souligne que les chars et les hélicoptères français ne cessent de tirer sur les soldats ivoiriens.Le 10 avril, j’ai dit à Konan qu’il devait cesser les combats pour ne pas faire tuer les soldats. Je ne pouvais accepter de voir mourir inutilement les dignes fils de mon pays face à des gens qui voulaient uniquement ma tête. J’ai demandé qu’on me laisse attendre sereinement le dénouement à la Résidence. Les soldats voulaient me mettre à l’abri. Mais je leur ai dit que je n’étais pas militaire mais chef de l’Etat. Ce qui m’importait le plus, c’était leur sécurité et non pas la mienne devant le feu français. A ce moment, Konan me dit la gorge serrée : «Monsieur le président, les Français ont tout détruit».

Gbagbo : «Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture»

«En fait, les Français ont encerclé la résidence et au lieu d’achever leur mission, c’est-à-dire de venir me prendre eux mêmes, ils ont plutôt envoyé les rebelles me prendre. Je tiens tout de même à préciser qu’ils ont envoyé les rebelles m’arrêter devant les caméras. Toutes les images que vous avez reçues sont les images des soldats français. Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture. Ils tournaient avec des caméras à la résidence et à l’hôtel du Golf. Plus tard, ils ont fait venir des journalistes français pour d’autres images de moi. Il n’y avait pas de journalistes africains tournant les images au moment de mon arrestation.»
Les tentatives de «corruption» de l’administration Obama
« Un sous-secrétaire d’Etat américain m’a téléphoné et m’a parlé pendant au moins une heure. Il me disait que si je partais du pouvoir, je ne serais pas poursuivi, je pourrais m’exiler avec soixante-quatre personnes de mon entourage et que tous seraient pris en charge. Quant à moi, je serais logé, nourri et blanchi, j’aurais un travail et des revenus équivalant à 2 millions de dollars, etc. Cette conversation ou plutôt ce monologue était surréaliste. Il y avait un tel décalage entre ce que disait ce monsieur et la réalité que je vivais avec le peuple ivoirien que son discours était indigeste. J’ai finalement raccroché, fatigué de l’entendre pérorer sur les propositions qui m’attendaient si j’acceptais de quitter le pouvoir. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’étrange dans ce discours. Quel était le sujet? A mon avis, c’était le résultat des élections présidentielles. Ils ont tous prétendu que j’avais perdu les élections présidentielles mais le Conseil constitutionnel de mon pays a dit le contraire. J’ai demandé de recompter les voix, ils ont refusé. J’ai même proposé une commission d’enquête indépendante internationale pour examiner les faits. On a refusé. Pourtant, les données sont simples. S’il est prouvé que j’ai perdu les élections, je m’incline sans autre forme de discussion. Si j’ai gagné, je suis disposé à faire des concessions politiques pour créer un climat d’apaisement et de paix dans tout le pays. Mais pourquoi s’obstine-t-on à me faire des propositions absurdes ? Pourquoi cherche-t-on à me corrompre et à me menacer si on est convaincu que j’ai perdu les élections ? Peu après ce coup de téléphone étrange, mes conseillers me disent qu’Hillary Clinton cherche à me joindre au téléphone. Je refuse de prendre la communication car je suis convaincu que je vais encore passer un moment à entendre à nouveau les mêmes propositions. Elle m’a finalement adressé un message pour me proposer je ne sais quoi. Je n’ai même pas ouvert l’enveloppe. Après Hillary Clinton, le président Obama m’a directement appelé à son tour. Une fois de plus, j’ai refusé de prendre la communication. Je ne voulais plus écouter ni entendre les discours ennuyeux et les propositions ubuesques qu’ils infligeaient à mes oreilles.

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Source: REZOPANACOM
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CONFERENCE DE DAKAR :Déclaration de soutien à Kako Nubukpo (conférence sur le franc CFA)

Monsieur Kako Nubukpo, ancien ministre togolais et désormais ancien directeur de la Francophonie économique et numérique à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a été suspendu, sans traitement, de ses fonctions par Madame Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, le 4 décembre dernier, suite aux pressions de certains chefs d’Etat africains, dont le président ivoirien Monsieur Alassane Ouattara.
Monsieur Nubukpo a été évincé en raison de ses prises de positions sur le franc CFA. Ainsi, depuis plusieurs années, Il est aux avant-postes de la lutte contre la servitude monétaire, système de la Françafrique hérité et réapproprié de la période coloniale, sans avoir jamais été dépassé. L’administration de l’OIF a beau jeu d’avancer, aujourd’hui, masquée derrière le sacrosaint devoir de réserve qui sied à un fonctionnaire international alors que les positions de Monsieur Nubukpo étaient largement connues et médiatisées avant ses prises de fonction à l’OIF.
En 2016, alors qu’il accédait à son poste, il était en pleine promotion de l’ouvrage dont il a été l’un des co-directeurs : Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le franc CFA ? C’est dire s’il faisait mystère de ses engagements. Rappelons que lesdites positions ont déjà coûté à Monsieur Nubukpo son poste dans le gouvernement togolais, à la suite des pressions conjuguées du président ivoirien Alassane Ouattara et des autorités de la BCEAO.
Considérons également que le calendrier électoral et la remise en balance du poste de secrétaire général de la Francophonie, fin 2018, où Madame Jean se retrouve en difficulté, ne sont pas étrangers à l’éviction précipitée de M. Nubukpo. Rappelons que Madame Jean ne faisait pas partie de la délégation d’Emmanuel Macron lors de sa tournée africaine en novembre dernier. La tribune de Monsieur Nubukpo dans le Monde Afrique a achevé de savonner la planche.
Comprenons que ce sont là de petites tactiques électoralistes de huis-clos, signes d’une absence de vision stratégique sur le long terme tandis que Monsieur Nubukpo a toujours considéré que la mission économique dont il avait la charge à l’OIF ne pouvait être découplée de la question monétaire. L’absence, enfin, de neutralité, qui est reprochée à Monsieur Nubukpo, n’est que le miroir de la projection des commanditaires de son exécution publique, décidément indisposés au débat. De quoi ont peur ceux qui étaient au défilé de soutien à Charlie Hebdo en 2015?
Si cette question du franc CFA ne saurait être l’alpha et l’oméga pour conjurer la pauvreté endémique et la mal gouvernance structurelle des pays d’Afrique de l’Ouest, elle réinvente le panafricanisme, elle insuffle un espoir nouveau parmi les jeunes générations, quitte à s’imposer comme marqueur identitaire. En se disant « ouvert », avec du reste fort peu de précautions oratoires, le président français, Emmanuel Macron, l’a bien compris. Il a déminé le terrain, laissant les chefs d’Etat africains seuls face à leurs responsabilités devant l’autel de l’Histoire.
Par-delà l’enjeu économique, la question s’est désormais invitée sur le terrain politique. Il s’agit d’un choix de société par et pour les Africains. Et, face au vent qui se lève jusque dans les amphithéâtres des universités, les présidents africains jouent leur dernier va-tout : cécité et surdité. Le limogeage sec et brutal de Monsieur Nubukpo, partie immergée de l’iceberg, démontre qu’en hauts lieux, il ne saurait y avoir de débats. Circulez, le franc CFA est un non- sujet. Pas sûr que cette posture puisse tenir, au contraire elle nous galvanise au regard du traitement infligé à notre camarade.
Face à cette décision honteuse et inacceptable de la secrétaire générale de la Francophonie, sur instruction de chefs d’Etat africains, nous, participantes et participants à la Conférence internationale de Dakar contre la servitude monétaire et pour la monnaie panafricaine:
 Condamnons avec force la suspension de Monsieur Kako Nubukpo par la secrétaire générale de l’OIF
 Dénonçons l’attitude honteuse de chefs d’Etat africains qui utilisent des institutions régionales ou internationales pour régler des comptes à leurs adversaires
 Exprimons notre entière solidarité et notre soutien indéfectible à M. Kako Nubukpo
 Nous tenons à ses côtés dans cette épreuve pour qu’il soit rétabli dans tous ses droits
 Appelons toutes les forces vives des pays africains de la zone franc à intensifier le combat contre la servitude monétaire
 Demandons des Assises régionales sur l’avenir de cette monnaie, gage d’un débat éclairé où toutes les parties seront représentées, car il y va de l’avenir de la jeunesse africaine.

Dakar, le 16 décembre 2017
La Conférence

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COTE DIVOIRE JUSTICE DES VAINQUEURS / Plaidant non coupable : Hubert Oulaye fait un cours de droit aux Assises

Publier le 20 decembre 2017 a 13h20

C’est à 10 h 38 que l’audience s’ouvre, ce mardi 19 décembre 2017, à la Cour d’Assises au Plateau. Dans le box des accusés, le ministre Hubert Oulaye. Le Juge Coulibaly Aboubacar, président de la Cour d’Assises, interroge l’Accusé. Lui demandant de réagir à l’Arrêt de la Chambre d’accusation qui le poursuit pour complicité d’assassinat et complot contre l’autorité de l‘Etat.

« Qu’est-ce que vous avez à déclarer », questionne le président.

En réponse, Hubert Oulaye assène ses vérités. « Je suis absolument étranger à ces accusations que je trouve farfelues », répond-t-il.

Document en mains, il fait savoir à la Cour que la Dst a inventé ces charges. Tel qu’il le dit dans un discours de 13 minutes dont l’intégralité suit.

« Á la suite de la crise post-électorale, je suis parti de la Côte d’Ivoire le 17 avril 2011 pour me réfugier au Ghana, à l’instar de tous ceux qui fuyaient les répressions menées par le pouvoir actuel contre les proches du Président Laurent Gbagbo. Après 3 ans d’exil, je suis rentré en Côte d’Ivoire, le 30 novembre 2014 et j’ai repris mes activités politiques dans mon parti le Fpi, en ma qualité de président du Comité de contrôle.

Sur la vision du parti et sur certains aspects, nous sommes rentrés en conflit avec Mr Affi N’Guessan. Sur ces divergences de vue qui pouvaient être aplanies dans le cadre de nos textes, avec ampliations faites au ministre de l’Intérieur et le Procureur général, Mr Affi n’a eu d’autres recours que de m’adresser une lettre m’interdisant de me rendre au 3ème congrès extraordinaire qui s’est tenu à Mama, tel que décidé par le parti, après l’interdiction du 4ème congrès par voie judiciaire, à la demande de Mr Affi. Ayant donc participé au dit congrès, j’ai été arrêté après le congrès de Mama, le 4 mai 2015.

De retour au pays, je rappelle que j’ai passé 6 mois à Abidjan et je ne suis pas resté silencieux et c’est 6 mois après que j’ai a été arrêté. Vous comprendrez Mr le président, que j’ai été de façon illégale et brutalement arrêté. Et c’est à la Dst qu’on m’a signifié que je serais mêlé à une attaque qui a eu lieu le 8 juin 2012 à Taï. Mr le président, si ma complicité dans les faits étaient aussi avérés, pourquoi on ne m’a pas délivré de mandat d’arrêt à mon arrivée à Abidjan ?  Ces questions au cœur du débat. Par conséquent, si du 8 juin 2012 et au 4 juin 2015, période des enquêtes préliminaires, rien ne m’a été signifié, cela signifie qu’il n’y a rien contre ma personne. Je suis absolument étranger à ce type d’attaques et ces accusations que je trouve farfelues.

Je n’ai jamais soutenu qui que ce soit, ni en argent, ni en esprit. Je n’ai jamais commis de crimes de sang. Ni directement, ni par personne interposée. Les accusations qui ont été produites à la Dst ne permettent pas de soutenir de telles allégations de crimes ou de complicité d’assassinat. Selon un rapport de la Dst, des réfugiés Libériens auraient attaqué une patrouille des agents de l’Onuci et que j’aurais financé à coups de millions un des chefs. Mais comble de fait, la Dst ne présente aucun procès-verbal d’audition de ceux qui disent avoir reçu de l’argent de mes mains. Comment justifier que la Dst ne produise pas une seule pièce à charge.

Alors question, est-ce que ces actes existent ? Non parce que la Dst qui est quand même le plus haut service de renseignements, n’est pas en mesure de présenter des procès-verbaux.

En plus, comment la Dst peut-elle m’attribuer un contact téléphonique qui aurait été trouvé sur un des réfugiés. Enfin la Dst dit que j’ai utilisé un contact pour coordonner des attaques avec des présumés complices. Mais pourquoi la Dst ne fournit pas un répertoire des appels passés avec mes présumés interlocuteurs ? J’en conclus que les allégations de la Dst, fondées sur un numéro de téléphone ne sauraient prospérer. D’où la Dst tire-t-elle cette accusation si elle n’a aucun PV des faits allégués.

En plus, aux accusations non fondées, s’ajoutent les démentis des présumés complices que la Dst a interrogés. Mr le président, je n’ai jamais remis de l’argent à qui que ce soit ou être complice de quoi que ce soit. Il n’y a jamais eu de mandat d’arrêt contre moi. En réalité, j’ai été arrêté après le congrès de Mama. Curieusement avant la tenue du Congrès, j’ai reçu une lettre interpellatrice de Mr Affi m’interdisant de me rendre à ce congrès. C’est trois jours après la tenue du Congrès que j’ai été arrêté sur demande de Mr Affi, c’est ça qui est la vérité.

J’invite donc la Cour à rechercher la vérité et à dire le droit. Je n’ai jamais eu l’intention de projet criminel. Je clame mon innocence », déclare Hubert Oulaye.

Après ce long réquisitoire contre la Dst, s’ouvre la phase des observations.

La parole revient à la Défense qui dénonce un procès basé sur du faux. « Nous ne sommes pas prêts à accorder un crédit à tous les PV qui viennent de la Dst », martèle Maître Dako Zahui.

Coincé, l’Avocat général Koné Souleymane présente à la Cour ce qu’il appelle la note de synthèse, faite par la Dst. Un document rejeté par Maître Gohi BI qui soutient qu’en matière pénale, la note de synthèse n’est pas prévue par la loi. « Nous demandons les Procès-verbaux d’audition des personnes entendues et signées par la Dst. S’il y a eu synthèse, nous osons croire celle-ci faite à partir des PV d’auditions. Alors que le parquet général mette à la disposition de la Défense ces PV, s’il y en a », exige Maître Gohi Bi.

Quant à Maître Dadjé Rodrigue, il fait savoir à la Cour que sans procès-verbal d’audition, la Défense va se retirer du procès parce que jugé illégal du point de vue des procédures pénales.

Face à toutes ces exceptions soulevées, le juge après une heure de suspension de l’audience, renvoie le procès au jeudi 21 décembre 2017.

Marcel Dezogno      

 

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DECLARATION DU COLLECTIF DES ANALYSTES POLITIQUES POUR LA LIBERATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO ET LA SOUVERAINETE DE LA COTE D’IVOIRE (CO. AP. LGS. CI)

publie le 19 decembre 2017    16h43

Il y a 15 ans, des hordes de barbares couvées au Burkina Faso avec la bénédiction de la France faisaient irruption dans la République pour renverser le régime du Président Laurent Gbagbo. Toutes activités cessantes, le président en visite d’Etat en Italie a rejoint son armée et son peuple pour faire front contre les agresseurs de la République. Son appel à la résistance a eu un écho retentissant auprès des jeunes qui ont vu dans son accession au pouvoir, une véritable note d’espoir. Sans marchander leurs adhésions à l’appel du chef de l’Etat, ils se sont organisés pour résister.

 

C’est ainsi que les espaces de libres expressions du plateau, de la SIDECI et de wassakara (au siège du FPI) se sont multipliés comme des champignons et comme une traînée de poudre et ont essaimé toutes les communes d’Abidjan et les villes de l’intérieur. Dans ces espaces, de jeunes leaders aux talents oratoires confirmés se sont donné pour missions essentielles, d’informer la population sur les visées de la rébellion d’une part, et de décrypter d’autres part, l’actualité brulante afin nourrir et d’entretenir chez le peuple éclairé et éveillé la flamme de la résistance. Mieux, après la finalisation malheureuse du plus long coup d’Etat de l’histoire qui a vu la perte du pouvoir du Président Laurent GBAGBO en 2011 et la grave répression qui s’en est suivie, les orateurs n’ont pas baissé les bras et ont continué la résistance de l’intérieure aussi bien qu’en exil et sur les réseaux sociaux.

 

Au regard de ce noble combat, les orateurs, jaloux de leurs légitimités historiques, ont décidé de faire connaitre leur position sur les actions et sorties médiatiques du camarade Gnahore Achille qui s’est malheureusement émancipé de l’esprit du combat et du cadre tacite de concertation que nous avons bâtit ensemble. ☆ Vu la réaction publique du camarade Gnahore Achille parue à la une du journal L’Expression, proche du pouvoir RDR, demandant aux patriotes-résistants d’arrêter de rêver et de redescendre sur terre ;

 

☆ Considérant que cette sortie médiatique et bien d’autres actions répondent à une mission de déstabilisation et de désorientation de la Cote d’Ivoire souverainiste incarnée par le président Laurent Gbagbo et son parti le FPI ;

 

☆ Considérant les combats énormes consentis par les orateurs qui ont sacrifié leurs jeunesses (1999-2011), leurs vies professionnelles et familiales pour défendre, partout où c’était nécessaire, la patrie et les fondamentaux de la République ;

 

Au regard de tout ce qui précède, les orateurs restés dignes :

 

– Désavouent par la présente déclaration, le camarade Gnahore Achille ;

 

– Condamnent les postures brumeuses et contre-productives du camarade G. Achille qui servent, en définitive, le régime tortionnaire et génocidaire de Alassane  Ouattara.

 

– Demandent à tous les agoras et parlements de ne pas être complices de la déstabilisation et de la dispersion des énergies alors que pointe à l’horizon l’élection présidentielle de 2020 ;

 

– Appellent le peuple Ivoirien à la vigilance ;

 

– Condamnent les errances politiques de l’ex camarade Affi N’Guessan qui est à la base de l’égarement de certains compagnons de lutte, tout en rappelant à ceux-ci que la compromission et la haute trahison sont toujours sanctionnées par l’histoire ;

 

– Soutiennent les décisions du congrès de Mama qui a exclu l’ex camarade Affi N’guessan du FPI ;

 

– Considérant qu’il existe des textes réglementaires et un cadre approprié pour régler la question Affi, si ce dernier est sincèrement demandeur de pardon,

 

Les orateurs demandent au camarade G. Achille en mission dite de réconciliation, de conduire monsieur Affi N’Guessan vers les instances du FPI tout en mettant un terme aux spectacles de dénigrements du Parti auxquels il s’adonne depuis peu sur les places publiques avec un groupuscule de jeunes ;

 

– Les orateurs demeurent engagés pour le combat de la libération du président Laurent Gbagbo (otage de la CPI) et de tous les détenus civiles et militaires ;

 

– Les orateurs saluent tous les résistants et les patriotes tant en Cote d’Ivoire qu’en exil pour leurs lucidités, leurs constances et leurs fidélités au président Laurent Gbagbo et au FPI dans sa lutte inlassable pour la souveraineté et la reconquête du pouvoir au plus tard en 2020

 

– Les orateurs  réaffirment leurs convictions à la victoire finale autour du président Laurent Gbagbo dignement représenté sur le front de la résistance par le président par intérim du FPI, le président Aboudramane Sangaré.

 

Fait à Abidjan, le.18 Décembre 2017

 

Ont signé pour le Collectif :

 

– Ya Benjamin sahiri – Okrou Jeremi – Chito Kouakou – Lalie Olivier – Bruno Symahou – Taboudou Junior – Doue Jean Jaures – Djakpa Francis (Stive Biko) – Paul Guema – Logbo Jerome dit Malcom X – Billon Stephane – Zaouli Theophile – Kacou Abib Achille – Gnaly Hypolite – Zouzoua Guillaume – Gbadje Abel – Frejus koffi – Toure Mamadou Ramses. KEHE Emile dit Bangolo . –

 

 

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AFRIQUE DU SUD : Cyril Ramaphosa (le nouvel espoir) bat Madame Zuma et remplace Jacob Zuma a la tête de l’ANC .Par Charles Malone M

Publie le lundi 18 dec 2017 a 23h20

Madame Zuma n’a pas pu succéder a son ex mari le président sortant car les militants de l A N C ont décidé de choisir l’actuel Vice Président comme  successeur. Le parti de Nelson qui a déçu plus d’un sud africain ces dernières années.

L’ancien syndicaliste devenu  riche homme d’affaires  devient ainsi celui qui va redorer le blason de ce parti qui n’a jusqu’ici pas encore répondu aux attentes des sud africains  qui croupissent sous le poids de la misère.

Ils sont nombreux ceux qui disent que l’unique changement  significatif après la mort de l’apartheid est placement des noirs au pouvoir en lieu et place des blancs. Sinon les conditions de vies des noirs n’ont guère changé, même si une petite classe moyenne est en gestation depuis peu.

Le parti au pouvoir étant jusqu’ici divisé entre les partisans de Zacob Zuma et ses nombreuses casseroles d’une part  et les puristes anti corruption qui ont tout mis en œuvre pour mettre loin du parti le nom Zuma va t il soufflé ?  Cette campagne anti corruption qui aura couté la défaite a l’ex femme du président sortant( pourtant soutenu par les femmes et de nombreux jeunes loups) est donc un veritable defi qui attend le nouveau president du parti lors des futures presidentielles de 2019.

L’espoir des sud africains et des panafricains est  tout de meme grand après la victoire du juriste comattant Cyril Ramaphosa car ce tournant est très déterminant pour ne pas donner raison a Julius MALEMA et ses combattants pour la libération économique.

Les panafricains ,a travers le continent,  qui attendaient un peu plus d’implication de la part de l Afrique du Sud dans la consolidation de l Union Africaine  au  travers des Brics mais aussi dans l’avènement de l’unité Africaine future continueront de faire confiance au leadership de  Cyril Ramaphosa devenu lunique espoir de l ANC

Une nouvelle ère d’espoir  se lève donc sur l ANC et le pays de Madiba

Wait and see car le bon petit de Nelson MANDELA est ainsi recompense apres de nombreuses luttes tant syndicales , economiques que politiques

Charles Malone MAYOMO

@AFRICATOAFRICANS

Email : laredaction@afrikanewsmultimedia.com

NB : Pour connaitre plus de choses sur Cyril Ramaphosa lisez aussi : En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/12/18/afrique-du-sud-cinq-choses-a-savoir-sur-cyril-ramaphosa-le-nouveau-chef-de-l-anc_5231548_3212.html#116rAt27ZsHJve28.99

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COTEDIVOIRE ,ELECTION 2020 . Pdci Rda: Guikahué formel: « Le président Bédié me charge de vous annoncer que le Pdci-Rda aura son candidat en 2020 ».

Lundi 18 Décembre 2017 – 15h 37

Maurice Kakou Guikahué reste formel sur les consignes de Bédié pour la reconquête du pouvoir en 2020

Le Secrétaire exécutif du Pdci-Rda, Maurice Kakou Guikahué, a réaffirmé, face au Réseau dynamique du Pdci-Rda, ce samedi 16 décembre 2017, la volonté du président Bédié de présenter un candidat issue de la maison aux élections présidentielles de 2020.

 

La mobilisation était totale en cette matinée du samedi 16 décembre 2017 au siège du Pdci-Rda. Les jeunes venus des différentes communes du District d’Abidjan ont répondu nombreux à l’appel pour la double-cérémonie magnifiant à la fois le leader de leur famille politique et consacrant l’investiture des comités communaux du Réseau dynamique du Pdci-Rda.

Maurice Kakou Guikahué, secrétaire exécutif en chef du parti septuagénaire et représentant le président Henri Konan Bédié, a saisi cette aubaine pour lancer un message fort aux militants mobilisés pour la circonstance sur la position formelle de leur leader pour la reconquête du pouvoir en 2020. «  Le président Bédié me charge de vous dire d’aller partout dans les villages, les hameaux et dans toutes les contrées annoncer cette bonne nouvelle : Le PDCI-RDA aura son candidat, un cadre du parti et militant actif qui sera celui du Rhdp (Rassemblement des Houphouêtistes, Ndlr) », a-t-il annoncé avec insistance. Aussi, a-t-il invité le Réseau dynamique du Pdci à travailler en harmonie avec les délégués communaux, les comités de base tout en mettant l’accent sur la sensibilisation des militants pour l’obtention des cartes nationales d’identité et des cartes d’électeurs.

Sans manquer de félicité Jean Michel Amonkou, président du Réseau, pour le travail abattu et l’objectif de son mouvement d’enrôler un maximum de militants et d’en faire des électeurs, Guikahué a salué l’initiative qui est d’honorer celui qu’il appelle affectueusement « l’apôtre du sacrifice, du partage, de la générosité, de la paix et de la stabilité en Côte d’Ivoire ». « J’invite le Réseau Dynamique à venir, au soir d’octobre 2020, célébrer la victoire du PDCI-RDA », a-t-il lancé.

Quant à Jean Michel Amonkou, il s’est insurgé contre certains comportements qui n’auraient d’autres desseins que de mettre en mal la volonté d’un retour au parti unifié prôné par les présidents Bédié et Ouattara. «  Nous souscrivons à la volonté d’aboutir à un parti unifié, mais il faudrait que ces retrouvailles se fassent dans le respect des engagements», a-t-il fait noter. Ainsi poursuit-il, « si nous sommes tous des Houphouétistes, nous devons avoir des comportements dits d’Houphouetistes », a-t-il appelé. Le président du Réseau dynamique du PDCI-RDA, a aussi plaidé en faveur du rétablissement de Jean Louis Billon dans ses droits de président du Conseil régional de Katiola, car dira-t-il, « Jean Louis Billon a été sanctionné pour avoir quitté le Rassemblement des républicains pour le PDCI »

germain Kouassi Lenoir, au nom de tous les présidents des comités communaux du Réseau dynamique, a promis un engagement total de travailler en parfaite harmonie avec les délégués communaux sur le terrain pour ramener au PDCI, non pas de simples militants, mais des électeurs qui donneront la victoire en 2020 à cette formation politique.

 

Jean Kelly Kouassi(Stg)

Source : CIVOX CI

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COTE DIVOIRE :#ActivitésJFPI DEPUIS LE SENAT 47 , DIETI ABRAHAM JETTE À LA POUBELLE DE L’HISTOIRE ACHILLE GNAHORÉ ET CONSORTS..Par Léo Côte D’Ivoire IV

 

C’est cet après midi que le SNI de la JFPI Auguste Abraham Dieti tenait un meeting géant du côté du SENAT 47. En réalité le SENAT 47 utilisé par les manzeuuurs pour faire passer leur message à été récupéré par la fédération JFPI ABIDJAN-BANCO et à intronisé Djédjé PANEL comme nouveau président. C’est en ce sens que DIETI ABRAHAM fut invité pour la première fois afin de donner les éclairages et les orientations du parti et concernant les mannnnzeurrs..

Discours du SNI DIETI ABRAHAM :

 » J’aimerais saluer mes amis et frères qui sont là pour me soutenir. J’aimerais saluer Mon ami OULA ANSELME qui est un visionnaire, celui là même qui a vite vu de quitter le mouvement COJEP pour se fondre dans le FPI. J’aimerais saluer mon frère OUATTARA D’AQUIN anciennement président de la jeunesse du RPP et qui s’est mis à la disposition du FPI.

J’aimerais saluer les nationaux Aime Tibet et DEZAO. J’aimerais également saluer mon ami et frère DJEDJE PANEL. Chers amis nous sommes aujourd’hui au SENAT 47 et ce meeting est d’une importance capitale.

Je suis venus parler de Gnahore Achille et que ce soit la dernière fois qu’on parle de lui ici. Il ya des gens qui ont décidé de s’inscrire dans la poubelle de l’histoire et gnahore y fait partie.

Chers amis pour la première fois de ma vie j’ai acheté ce journal l’expression. J’étais dans les montagnes et chez nous les journaux viennent à 15hrs et j’ai attendu jusqu’à l’acheter par rapport à une interview de notre ex camarade Gnahoré Achille.

Chers camarades nous tous on lit la BIBLE et il ne faut pas tronquer l’histoire. Absalon était un enfant de David et il s’est rebelle contre son père. Mais David en tant que père de Absalon aimait son fils jusqu’à la dernière énergie. Ceux qui comportaient contre lui était menacé par David que quiconque qui toucherait à sa vie serait tué. Mais le général de David le tua et dit à David que OUI il fut mort car OUI UN REBELLE RESTE UN REBELLE.

UN REBELLE RESTE UN REBELLE. Oui nous qui avons connu la MACA , nous qui avons connu la prison , nous qui avons connu la prison , nous ALLONS TOUS LES TUER POLITIQUEMENT. QUe gnahore Achille connaisse la fin de Absalon . qu’il sache que Absalon est mort et nous les tuerons politiquement.

Le FRONT POPULAIRE IVOIRIEN n’est point divisé. Chers amis c’est un abus de langage lorsque y’a des gens ici qui se réclament de pro-Sangaré. Celui qui dit qu’il est pro-Sangaré est un menteur et un faussaire

Le FPI est dirigé par LAURENT GBAGBO et l’intérim est géré par ABOUDRAHAMANE SANGARE. affi n’guessan a été utilisé , manipulé et voulait mettre le FPI du côté de l’oppresseur et celui là fut Gbraaaah.

S’il ya une jeunesse qui se reconnait en SANGARE c’est que la jeunesse du FPI.

En politique le silence d’un responsable face à certaines situations dans la societé frise la complicité sinon la trahison. Mais aussi faut-il choisir le moment propice comme celui ci pour réagir .

En effet il nous revient de façon récurrente de constater à travers les réseaux sociaux et la presse écrite qu’un groupuscule de jeunes se réclamant pro- Sangaré se serait donné pour mission de prôner l’unité( ?) au FPI.

Avant toute position de la jfpi que nous représentons , une analyse sur la démarche peu orthodoxe de ces gens s’impose.

Existe-t-il une jeunesse pro- Sangaré ? le CUFPI fait-il partie des structures instituées par les textes du parti ? Ces jeunes en question sont ils réellement militants du FPI de Gbagbo ?

I-De l’existence d’une jeunesse pro- Sangaré

C’est un abus de langage de dire qu’ au sein du FPI il y a des pro- Sangaré et une jeunesse pro- Sangaré . Il n’en est rien d’autant plus que nous n’avons que le FPI présidé par Laurent GBAGBO et l’intérim est assuré par SANGARE. Les textes du parti ont institué une structure spécialisée pour la jeunesse la seule
dénommée JFPI dirigée par le camarade DIETI Auguste Abraham assurant l’intérim de DAHI Nestor.

Bien évidemment l’ex- président du parti a été exclu lors du dernier congrès de MAMA du 30 avril 2015 ayant élu Laurent GBAGBO président du FPI. L’ex-président du FPI (très minoritaire) continue jusqu’à ce jour de défier les textes du parti et son président actuel ce avec le soutien du régime totalitaire de dramane ouatara.
Pour la gouverne de tous , au FPI nous n’avons qu’un seul référent politique en la personne de Laurent GBAGBO et une ligne idéologique parafée dans les texte du parti (article 4 des statuts du FPI).

En tout état de cause le camarade Sangaré parlent au nom du président Laurent GBAGBO parce qu’assurant l’intérim de celui-ci à la tête du FPI. Il ne peut dès lors exister une jeunesse se reconnaissant en Sangaré en dehors de la JFPI et quiconque parlera à la place de cette jeunesse est un usurpateur, un faussaire et un indispliné comme l’autre. Mieux nul ne peut se reconnaître en Sangaré sans être militant du FPI. A observer les agissements de ce groupuscule de jeune que pilotent les sieurs Gnaoré achille et Alain Sepo, nous sommes a même de nous interroger sur leur militantisme réel au FPI.

II- GNAHORE ACHILLE ET CONSORT, DE VRAIX FAUX MILITANTS DU FPI

LE FRONT POPULAIRE IVOIRIEN FPI est l’un des partis politiques les mieux structurés en Afrique. A travers ses textes la création de courant politique est possible ce qui dénote de la pratique démocratique au FPI. Cependant les débats d’idées dans le parti se font uniquement dans ses différents organes et structures dont le congrès, le comité central, le secrétariat général, les fédérations, les sections, comité de base , les structures spécialisées comme la JFPI.

A cet effet qui peut nous dire avec des éléments de preuves dans quelle base, section ou fédération le sieur GNAORE Achille milite –il ? étant entendu que le militant du FPI ne s’exprime pas dans le désordre parce que très discipliné, au nom de quoi se proclame t-il de pro- Sangaré ? Pourtant tout porte à croire qu’il a une pratique étrange à celle des militants du FPI de GBAGBO ?S’il est possible que le sieur ait rasé les murs du FPI sans jamais y militer, cela ne lui donne pas le droit de parler et se comporter de la sorte. Comment des gens qui font preuve de méconnaissance du fonctionnement et de la ligne idéologique du parti peuvent penser « unifier » le parti.

Pour une fois encore nous comprenons à juste titre que des gens restent nostalgiques de la réjouissance patriotique jusqu’en 2011. Après la chute de Laurent GBAGBO , n’est pas résistant qui veut mais qui peut et la c’est pas du jeu . Certains ont pensé que ce combat était une question de quelque jour, mois ou années et y sont restés ; essoufflés ils empruntent des démarches indécentes que nous condamnons avec la dernière énergie. C’est pendant la période de vache maigre qu’on fait la différence entre militants de conviction et les militants de l’effet de mode, entre les pro- GBAGBO et les PRO-L’argent de GBAGBO .
De tout ce qui précède notre position est la suivante

D’abord la JFPI n’a mandaté personne sur le terrain pour une quelconque caravane de l’unité du parti parce le FPI est uni plus que jamais autour de ses ideaux.par conséquent il appartient à celui qui s’est mis en conflit avec les textes du parti et les décisions de MAMA de revenir en toute humilité à la raison pour se réconcilier avec le parti. C’est d’ailleurs conscient de cela que Achille Gnaoré dans sa publication facebook du 28 décembre 2016 il a écrit : « Affi avec 187 candidats à la députation a eu 3 députés…il n’a aucune légitimité et tellement aveuglé par le diable qu’il est devenu fou.

Quand le diable veut te perdre il te rend fou » Gnaoré ne s’est-il pas mis au service du diable qu’il a lui-même désigné ?

Ensuite, la JFPI toujours disciplinée et attachée à la ligne idéologique du parti renouvelle son soutien indéfectible et sans faille à la direction du parti que dirige Laurent GBAGBO dont l’intérim est assuré des mains de maitre par le camarade ABOUDRAHAMANE SANGARE

Enfin, en un mot comme en mille la JFPI ne se métra jamais au service des esprits malins, de la roublardise, de la compromission et du mercenariat politique.

Dans la vie de l’homme lorsqu’il a tout perdu il doit se battre pour sa dignité sinon il aura vécu inutile. »

Merci pour ce recadrage LE CHEF…
Léo Côte D’Ivoire IV/#2CM/#REZOPANACOM

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INTERVIEW EXCLUSIVE DE DIOMANDE GOUESSE Le papa des enfants orphelins exiles du Ghana :

Afrikanewsgroup a décidé de prendre les avis du Pasteur Diomande Gouesse   aujourd’hui exile politique au Ghana et responsable d’une structure d’assistance aux enfants refugies au GHANA

 

Afrikanewsgroup : Tu es arrivé au Ghana comme tous les autres pro Gbagbo depuis 2011 en exil et aujourd’hui après 6 ans on te voit depuis des années implique dans une action d’aide aux enfants refugies des camps. Peux-tu présenter cette organisation et ses objectifs à nos lecteurs ?

Diomande G : en fait ce n’est pas nouveau pour moi, j’ai commencé à aimer les orphelins lorsque j’étais enseignant à San Pedro. J’ai perdu un ami ouvrier dans une scierie qui aimait beaucoup ses enfants. Les dimanches quand il vient avec ses enfants à l’église tu ne pouvais qu’être fier de lui.Il s’appelait Madou un bété. A sa mort j’ai revu ses enfants un an plus tard, je n’en croyais pas à mes yeux, sales, la première une fille était atteinte à l‘œil, du pus y sortait.  Dons j’ai pris la décision et l’engagement devant Dieu de prendre soin des orphelins quel que soit le lieu où je me trouve. Donc en exil comme tous les autres , il y a plus d’orphelins, des enfants de combattants sur le champ d’honneur. Certains ont suivi des frères au camp et ceux sont devenus leurs tuteurs. C’est donc naturellement que j’ai épousé cette cause.

 

Afrikanewsgroup : Comment faites vous pour tenir ce pari car on le sait tous la grande pauvreté, pour ne pas dire précarité grandissante dans les camps de refugies du Ghana . On s’imagine que vous devriez avoir des sponsors ou partenaires divers dans cette aventure .Et qui sont ils ?

Diomande G : Ce n’est pas facile, mais quand on a Dieu pour employeur et maître, il faut fléchir les genoux. Je voudrais confirmer que les Ivoiriens sont formidables. De manière volontaires des sœurs m’appellent, je pense à celle qui est à Londres, une aux USA,une autre en France  et d’autres à Abidjan. Je tais volontiers leur nom pour une question de sécurité. Il y a aussi des frères, imagine toi le frère Steve Beko pour son anniversaire réunis des moyens pour nourrir près de 200 orphelins

Afrikanewsgroup : On va vers la fin de l’année 2017 quel est votre programme pour la période de fête de fin d’année 2017 ?

Diomande G: Nous projetons un repas pour le 25 avec nos enfants, leur distribuer chacun au moins 2 kgs de riz pour le premier janvier. Aussi nous allons payer les cartes d’assurances de nos enfants pour être reçu dans tous les hôpitaux ghanéens. Nous avons des propositions pour aider les veuves à s’engager dans des activités commerciales afin d’améliorer leur condition de vie. Si nous avions plus de moyens nous offrirons des jouets, mais Dieu fera.

 

Afrikanewsgroup: Tu es avant tout un leader patriotique très connu sino n même aujourd’hui un homme politique de demain. Quelles analyses faites vous de la situation de votre pays depuis l’avènement de Ouattara au pouvoir en Cote d Ivoire ?

Diomande G : Alassane a échoué. Il ne connaît pas les Ivoiriens c’est son grand handicap. Il passe le temps à faire des promesses qu’il ne réalise jamais. Où sont passées les universités promises ? Les milliards par ville ? le travail ? Où sont les retombées du PPTE ?  C’est un vendeur d’illusions, un « faroteur ». C’est un expert à saupoudrer les vieilleries pour tromper les Ivoiriens

Afrikanewsgroup : Vous êtes en exil depuis 2011 et le président Laurent Gbagbo aussi en otage depuis 2011 quel bilan , quels constats et quels regrets et espoirs depuis lors sur le chemin de la délivrance de votre pays la CI ?

Diomande G: Je crois que ceux qui ont envoyé le président Laurent Gbagbo à la Haye savent qu’ils sont en erreur, ils regrettent. Ils l’ont rendu plus célèbre qu’avant, incontournable. Aujourd’hui l’exil a permis de se connaître. L’exil permet de connaître qui était dans la vision d’une côte d’Ivoire digne et indépendante. On a compris aussi nos erreurs, nous avons fait trop confiance à des gens qui ne le méritaient même pas, même pas à 1 pour cent. Mais comme c’est la plan de Dieu pour choisir ceux qui vont rentrer dans la terre promise, la Nouvelle Côte d’Ivoire , je suis rassuré.

Afrikanewsgroup : La situation de l’AFRIQUE dans ce monde en crise du Mali en Centrafrique en passant par le Burkina et l’Afrique du Sud semble évoluer a petits pas au regard de l’actualité, quelle est votre vision et vos espoirs pour le combat panafricain face a la francafrique et hégémonie occidental ?

Diomandé G: nous remarquons que toutes ces crises se déroulent dans les colonies françaises  pour la plupart. Les Africains commencent à comprendre le bien-fondé d’une réelle indépendance. Ce qui n’est pas pour arranger la France et certains pays occidentaux, il faut toujours créer des arguments de guerre, de terroristes pour maintenir ces pays africains sous domination. Cependant je suis confiant  que  le grand bouleversement mondial qui se prépare ira de la Côte d’Ivoire. Le soi-disant sera à cheval bientôt et le soi-disant maître à pied .

Afrikanewsgroup : Donnez-nous votre dernier mot pour tous et chacun Votre message aux enfants des camps pour qui est devenu un père, ensuite aux ivoiriens qui ont espoir en une libération certaine même tardive. Enfin votre message aux africains.

Diomande G : Honnêtement j’encourage tous les hommes en général et les Ivoiriens en particulier  de s’engager dans le combat de survie des orphelins. On peut tous un jour ou autre laisser des enfants sur cette. Qui prendra soin d’eux ? Dieu on me le dira, mais Dieu utilise les hommes pour le faire. Soyons tous ces hommes au service de Dieu. Soyons des pères, des mères pour qu’ils aient la joie. L’orphelin doit savoir également qu’il est enfant de Dieu, en toutes choses se mettre à genoux pour prier le père qui est la haut. Enfin pour le combat de libération, je dirai simplement que Dieu est fidèle, il tient tout entre ses mains et agira au moment venu, persévérons Ivoiriens, africains notre temps de gloire est arrivé.

Interview réalisé par Charles Malone Mayomo pour Afrikanewsmultimedia.com Email :laredaction@afrikanewsmultimedia.com

Laurent Gbagbo à la Cpi : Une prise d’otage française .Par Prof. TANO FELIX

 

Le 8 décembre 2017, contrairement à ce qu’elle avait annoncé, la Cour pénale internationale (Cpi)n’a pu terminer les auditions des témoins présentés par l’accusationdans l’affaire le procureur c. Laurent Gbagbo/Charles Blé Goudé. Il lui reste un dernier témoin qu’elle a prévu entendre les 17 et 19 janvier 2018 pour boucler cette phase du procès. Mais, déjà, le bilan qui peut être fait, montre suffisamment les insuffisancesde l’instruction, car, après l’audition de 81 témoins et experts, les observateurs sont restés sur leur faim, encore en attente, jusqu’à ce jour, des preuves irréfutables des crimes pour lesquelsle président Laurent Gbagboest poursuivi, en application du« plan commun » qu’il aurait conçu pour « conserver le pouvoir par tous les moyens, y compris par l’emploi de la force contre des civils ».

Les uns après les autres, les plus hauts gradés de l’armée ivoirienne en fonctionsousle président Laurent Gbagbo et sur qui l’accusation avait fondé beaucoup d’espoiren tant que témoins clés,  n’ont pas confirmé le « plan commun ». Ils  ont plutôt présenté la crise postélectorale au cours de laquelle les crimes auraient été commis,  comme le prolongement de la tentative de coup d’État de 2002 menée contre le président Laurent Gbagbo qui s’est muée en une rébellion dirigée par M. Guillaume Soro, un allié de M. Ouattara. Ils ont présenté l’accusé comme un homme de paix, qui cherchait plutôt à protéger les populations civiles, et exposé le dénuement total de l’armée ivoirienne qui, manifestement n’avait pas été doté en  moyens pour conduire une guerre qu’elle n’a, du reste, pas préparée.

Relativement aux quatre événements principaux sur lesquels l’accusation a reposé ses convictions, les témoignages ont renforcé les doutes quant à la réalité de deux d’entre eux : la répression de la marche des femmes pro-Ouattara le 3 mars 2011, et le bombardement du marché Siaka Koné le 17 mars 2011.Des éléments concordants fontapparaitreceux-ci plutôt comme une manipulation dans le but de fournir le prétexte à l’adoption, le 30 mars 2011, par le Conseil de sécurité des Nations unies, de la résolution 1975qui empêchait « l’utilisation d’armes lourdes contre les populations civiles », et dont l’interprétation abusive a permis aux troupes française et onusienne d’intervenir militairement pour donner le coup de grâce au régime du président LaurentGbagbo en avril 2011.

Quant à la marche du 16 décembre 2010 sur la radiotélévision ivoirienne, plusieurs témoins, parmi lesquels des généraux, ont contesté son caractère pacifique, puisque des hommes armés qui s’étaient infiltrés parmi les manifestants, ont attaqué les Forces de défense et de sécurité, peu de temps après qu’elle ait débuté.

En définitive, la phase d’audition des témoins de l’accusation a confirmé la vacuité du dossier et posé avec plus d’acuité, la question de l’opportunité du procès, mise en exergue à l’occasion  d’autres étapes antérieures de la procédure. Dans un tel contexte,les révélations faites par Médiapart prennent toute leur signification, car, combinées avec d’autres sources,elles contribuent à lever un coin de voile sur la raison véritable du transfèrement du président Laurent Gbagbo à la Cpi, qui ne réside pas dans la volonté d’incarcérer un criminel. Fanny Pigeaud (Médiapart) écrit en effet que, dans le contexte de la crise postélectorale de 2010-2011, « dans un premier temps, la CPI est … agitée comme une menace puis, au mépris manifeste des règles de procédure, manœuvrée comme la meilleure façon d’éloigner Laurent Gbagbo de la scène politique ». C’est donc pour atteindre cet objectif que la France a actionné un certain nombre d’acteurs.

Une manipulation française

Les révélations de Médiapartont mis en lumièrel’action de certains hauts fonctionnaires de la diplomatie française, particulièrement ceux qui avaient déjà officié à la Cpi comme collaborateurs de son procureur, pour certains en tout cas, ou même y travaillent toujours. Ainsi, le procureur de la Cpia été démarché par la diplomate française, Béatrice Le Fraper – qui fut directrice de cabinet de Ocampo et principale conseillère à la CPI de 2006 à juin 2010 – soit pour lui suggérer de parler avec Ouattara, soit pour connaître le contenu de ses conversations avec celui-ci. Ces suggestionset curiosités de décembre 2010 et d’avril 2011 aboutissent au déclenchement de la procédure puisqu’elles conduisent Alassane Ouattara à saisir la Cpià travers ses courriers du 14 décembre 2010 et du 3 mai 2011, même si à ces différentes dates, il n’avait pas encore prêté serment en tant que président de la République et donc n’avait aucune qualité pour le faire. Dans le même laps de temps, la direction Afrique du ministère français des affaires étrangères, à travers son responsable Stéphane Gompertz, s’est mis en relation téléphonique avec un « collaborateur » français du procureur de la Cpi, pour envisager le scénario juridique visant à maintenir Gbagbo en prison et renvoyer l’affaire à la CPI.

Cependant, il faut recourir à d’autres sources pour comprendre que  l’activisme de ces diplomates s’explique par l’ingérence outrancière dans le dossier, des plus hautes autorités gouvernementales françaises. Dans son ouvrage « Côte d’Ivoire. Le coup d’Etat » (Ed. Duboiris, 2011. Annexe 8), Charles Onana publie une lettre adressée le 25 février 2011 au président nigérian Goodluck Jonathan, par Nicolas Sarkozy, dans laquelle le président français lui suggère de « penser à trouver un Etat sous régional qui se chargera d’ester devant la Cour pénale internationale », en ce qui concerne le président Laurent Gbagbo.Il convient de signaler qu’à cette date, trois des quatre évènements majeurs sur lesquels la Cpi s’appuiera plus tard pour accuser le Président Laurent Gbagbo, ne s’étaient pas encore déroulés.  Mais, manifestement, peu importe pour le président français qu’il y ait eu des crimes imputables au président Gbagbo. Après avoir joué un rôle déterminant dans sa chute et son arrestation, le 11 avril 2011, le Président Nicolas Sarkozy veut aller plus loin sur le « cas Gbagbo ». Selon africaintelligence daté du 21 avril 2011, « Nicolas Sarkozy, en contact téléphonique quasi-quotidien avec Alassane Ouattara, souhaiterait que le nouveau président adresse un signal fort au club des chefs d’Etat africains, en envoyant son adversaire déchu devant la Cour pénale internationale (CPI) ».

Cette obsession présidentielle française sera exécutée à la lettre par les membres du gouvernement français. A la fin du mois de mai 2011, c’est le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé qui obtient le consentement de Ban ki Moon, le secrétaire général de l’ONU pour le transfèrement du président Laurent Gbagbo à la Cpi, en marge du sommet du G8  qui s’est tenu en France. Il pavait ainsi la voie au procureur de la Cpi, Luis Moreno-Ocampo, qui demandera, un mois plus tard, le 23 juin 2011, l’ouverture d’une enquête sur de possibles crimes, de guerre et contre l’humanité.

Le 29 septembre 2011, c’est au tour de Michel Mercier, ministre français de la justice, d’effectuer une visite conjointe étrange à La Haye, avec Coulibaly Gnenema, son homologue ivoirien. Les deux hommes rencontreront le Président de la Cpi. Alors que le ministre ivoirien plaidait pour un transfèrement du président Laurent Gbagbo à la Haye, le ministre français promettait le soutien entier de son pays dans le cadre des enquêtes relatives à l’affaire Gbagbo Laurent. Faut-il s’étonner alors que le 3 octobre 2011, c’est-à-dire le tout prochain jour ouvrable suivant cette visite conjointe, la Cpi ait décidé de l’ouverture d’une enquête en Côte d’Ivoire ?

Plus tard, soit trois jours avant le transfèrement du président Laurent Gbagbo à la Cpi, le 29 novembre 2011, Paris servira de cadre à d’ultimes concertations pour boucler l’opération.  Outre le diplomate Stéphane Gompertz, le procureur de la CpiOcampo y arrivera pour rencontrer le président français, Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara, son homologue ivoirien.

Ainsi, la France s’estretrouvée engagée dans la procédure à toutes les étapes : à la saisine de la Cpi, à la demande d’enquête, à la décision d’ouvrir une enquête et au transfèrement du président Laurent Gbagbo. C’est sous sa dictée que les différentes impulsions ont été données à chaque fois, par le régime Ouattara ou par la Cpi.

Mais, la France ne s’est pas contentée de faire incarcérer le président Laurent Gbagbo. Trois semaines après l’audience de confirmation des charges (19 – 28 février 2013), et avant même que la défense du Président Gbagbo ne dépose ses soumissions écrites (28 mars 2013), sans doute informé de la faiblesse du dossier de l’accusation, Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères, s’est précipité le 21 mars 2013 à La Haye. François Mattei écrit à cet effet que «Laurent Fabius s’y est … rendu après l’audience de confirmation des charges, pour discuter avec l’ambassadeur … de l’avancée du dossier. D’après nos sources, les derniers jours avant que les juges ne rendent leur verdict, le cabinet du ministre s’agite et tente de savoir ce que pourra être la décision » (Pour la vérité et la justice, p.289).

Le résultat de cette action diplomatique est désormais connu. Face à une insuffisance de preuves manifeste, plutôt que de prendre une décision infirmant les charges et libérer conséquemment le président Laurent Gbagbo, la Cpi optera pour une décision d’ajournement, tout en demandant à la procureure de fournir des preuves supplémentaires.Plusieurs sources ont d’ailleurs rapporté qu’ »il a fallu l’intervention du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, pour que la CPI renonce en juin 2013 à infirmer les charges en faveur du président Laurent Gbagbo ». Michel Galy, politologue et sociologuefrançais, est encore revenu sur ce scandale récemment dans le nouveau courrier (N°1741 du lundi 04 Décembre 2017) en confiant qu’ »il est connu que Fabius est allé à la Haye pour demander le maintien de Laurent Gbagbo à un moment où l’absence de charges aurait dû mener à sa libération ».

Indépendance et impartialité compromises

Comme il est loisible de le constater à travers cette chronologie, c’est la France qui a pensé la stratégie du transfèrement et l’a suggérée aux autres acteurs. M. Ouattara, en bon exécutant servile, a alors accompli les actes nécessaires, de saisine de la CPI. L’Onu a donné une caution internationale au transfèrement. Quant à la Cpi, ses organes se sont prêtés au jeu, en actionnant la procédure et en prenant les décisions nécessaires.S’il y a  donc un « plan commun » que la CPI cherche vainement dans le camp Gbagbo, c’est bien manifestement du côtéde ce quatuor de conspirateurs qu’il se trouve.

A la suite d’une telle collusion avec les français,hauts fonctionnaires et membres du gouvernement, le procureur Ocampo Moreno peut-il  prétendre n’avoir subi aucune influence de leur part dans le traitement du dossier ivoirien ?Où est l’indépendance de l’institution lorsque l’une de ses chevilles ouvrières, en l’occurrence  le procureur, se laisse dicter ses actes par des personnes extérieures ? Où est l’indépendance de la Cpi si les procédures qu’elle doit utiliser lui sont suggérées de l’extérieur par un Etat dont l’implication dans la crise ivoirienne est de notoriété publique, sans aucune confrontation avec ses mécanismes internes ? Où est l’indépendance de l’institution lorsque la décision d’ouverture d’une enquête est soumise au financement d’une affaire spécifique d’un Etat intéressé ?  Pourquoi Ocampo s’adresse-t-il à des français diplomates ou hommes politiques pour envisager ensemble le fondement juridique d’un éventuel transfèrement ou encore renvoi de l’affaire par un Etat tiers ? Manifestement, les incitations, instructions diverses et pressions voilées des diplomates et autres hommes politiques français sont constitutives d’une ingérence extérieure inappropriée dans cette affaire ivoiro-Cpi. Et la France était d’autant plus mal placée qu’elle était partie prenante dans la crise ivoirienne.

Plus encore, peut-on soutenir que dans la situation en Côte d’Ivoire, il y a eu vraiment une absence de parti pris ? La Cpi a-t-elle fait preuve de neutralité, d’équité, et d’objectivité lorsque, dès le départ, l’un des protagonistes de la crise, en l’occurrence Alassane Ouattara, est aussi étroitement associé à la recherche d’une base juridique pour poursuivre son adversaire politique, et même impliqué dans une opération de détention abusive ? Incontestablement, il y a des raisons de douter de cette impartialité lorsquele procureur de la Cpi,Ocampo Moreno, s’érige en conseiller de Ouattara quand celui-ci doit présenter la situation judiciaire de la Côte d’Ivoire aux diplomates. Le Procureur de la Cpi, Luis Moreno-Ocampo, est-il dans son rôle lorsqu’il adresse le 27 mars 2012 une lettre de félicitations à Soro Guillaume, ex chef de la rébellion, après sa désignation à la tête du Parlement ivoirien ?Dans toutes ces situations, il ne semble pas possible d’éliminer toute subjectivité dans l’attitude du procureur de la Cpi. Il ne faut donc pas s’étonner que des années après, aucun mandat d’arrêt n’a été lancé contre les animateurs du camp Ouattara qui a pourtant enclenché la rébellion et la guerre postélectorale en Côte d’Ivoire, etdu côté de qui les organisations non gouvernementales des droits de l’homme ont documenté les crimes les plus atroces ?

Comment mettre fin à un procès inique

Que faire devant une violation aussi flagrante de ses devoirs d’indépendance et d’impartialité par le procureur Ocampo Moreno, surtout que, même parti, c’est le document de notification de charges qu’il avait rédigé, qui a servi de support pour l’audience de confirmation des charges, après une légère modification opérée par son successeur?

Certes, le Statut de Rome prévoit la possibilité de récusation d’un procureur dont l’impartialité aurait été mise en doute. Mais Ocampo n’est plus là pour être récusé. De toute façon, à quoi aurait-il servi de récuser le seul procureur, puisque les révélations de médiapartmontrent que Nicolas Sarkozy, le président français, avait fait du dossier ivoirien une affaire d’Etatetmis en branle tout le réseau diplomatique français ? Or, ils sont nombreux les français qui travaillent à la CPI, y compris au sein du bureau du procureur.

En outre, il est de plus en plus question dans les médias et les réseaux sociaux de faire arrêter le procès après les révélations de Médiapart. En s’interrogeant sur la procédure idoine, le cas kényan nous revient en mémoire. En décembre 2014, l’accusation avait retiré les charges contre le président Uhuru Kenyatta parce qu’elle n’avait pas assez de preuves pour prouversa responsabilité criminelle présumée, au-delà de tout doute raisonnable.Puis, le 13 mars 2015, la Chambre de première instance, notant le retrait par l’Accusation des charges portées à l’encontre deM. Kenyatta, avait décidé de mettre fin à la procédure dans cette affaire.

Dans le cas du président Laurent Gbagbo, le procureur et son bureau ont fini de présenter leurs témoins. Peuvent-ils, à la fin de ce cycle, faire eux-mêmes une autoévaluation,  constater que les preuves présentées n’ont aucune consistance et retirer les charges contre le président Gbagbo ?De son côté, la défense peut-elle se contenter des déclarations des témoins produits par l’accusation et prendre le risque de demander que les juges se prononcent dès maintenant, en ne produisant ses propres témoins à décharge et les preuves abondantes dont elle dispose et qui pourraient indisposer des acteurs majeurs de cette crise ? Vu le caractère hypothétique de ces voies, il semble difficile d’envisager d’autre issue au procès, qu’une éventuelle décision d’acquittement qui ne pourrait intervenir qu’à la fin de tout le processus judiciaire.

C’est pour toutes ces raisons que, dans l’intervalle, la liberté provisoire a été envisagée comme une porte de sortie honorable pour la Cpi. Depuis, la décision d’ajournement, les observateurs ont pensé que les juges y recourraient pour prendre en compte les données pertinentes du procès : insuffisance de preuve décidée par deux juges sur trois, et confirmée par les témoignages à décharge de l’accusation. Mais, à ce jour, les juges n’ont pas encore accepté de lever le dernier obstacle à cette libération provisoire, à savoir l’existence d’un réseau de partisans qui pourrait empêcher le président Laurent Gbagbode se présenter à la justice.

Après les révélations de Médiapart qui nous informent suffisamment que le président Laurent Gbagboa étéincarcéré pour des motifs autres que la commission de crimes, et les interventions, plutôt à décharge des témoins produits par le procureur, cet argument peut-il toujours être soutenu ? Quel intérêt son réseau de partisans aurait-il à le retenir, sachant qu’aucune charge sérieuse ne pèse contre lui ? Pourquoi un chef d’Etat africain doit-il payer de sa liberté pour les objectifs de politique étrangère propres à la France dans une instance internationale censée rechercher la justice ? La Cpi a-t-elle été créée pour couvrir les déportations contemporaines que l’aventure coloniale avait initiées ?

 

14 Décembre 2017

Professeur TANO Felix